N O T E S   D E   V O Y A G E S

Burkina Faso, janvier 2009 — 5

... par
Gilbert Cujean

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Deux jours «au village» (2)

Ouahigouya, mercredi 21 janvier 2009

Donc, on était arrivés à Arbinda, samedi dernier 17 janvier... Je continue mon récit:

La situation de l'opération «Mil pour le Sahel» est actuellement la suivante: Une bonne trentaine de mes amis ont répondu à ma demande et m'ont permis de réunir de quoi acheter une certaine quantité de mil pour limiter les effets de la «soudure» (fin des stocks => début des récoltes) sur les populations rurales. En effet, les récoltes 2007 ont été déficitaires et les stocks insuffisants pour tenir jusqu'aux récoltes 2008. Djibril avec qui je voyage était chargé de diriger les opérations. En fait, c'est finalement 118 sacs de 100 kg qui ont été acheminés en 2 fois vers 5 villages: Arbinda, Gorguél, Dala, Sénékaye et N'Goroua.

Un premier lot de 60 sacs a été distribué en août 2008, en pleine période de «soudure». Pour différente raisons, le second lot de 58 sacs a été acheminé sur place, mais pas distribué avant fin novembre. Comme les récoltes avaient eu lieu, l'urgence alimentaire avait diminué et la décision fut prise d'attendre mon passage sur place pour procéder à la distribution. Mieux encore, Djibril m'a ensuite proposé de convaincre les villages de ne pas consommer ces céréales maintenant, mais de les considérer comme le stock de départ de petites «banques de céréales» locales. Lors de la prochaine «soudure» —qui s'annonce aussi difficile— ce mil sera vendu à prix social pour enrayer la hausse de prix spéculative que les commerçant ne manquent pas d'appliquer. J'ai bien sûr accepté cette proposition avec enthousiasme et nous sommes sur place pour la mettre en oeuvre.

Un autre but est aussi de s'informer des moyens mis en oeuvre par les bénéficiaires de cette aide pour assurer à terme eux-mêmes leur sécurité alimentaire, car il est évident que notre action n'est que ponctuelle, en tous cas sous cette forme.

 

Le «groupement» [de paysans] d'Arbinda que l'on voit en premier nous présente une diversification intéressante de leurs activités: l'embouche bovine (chez nous, on dirait l'engraissement!).

Nourrir des bêtes attachées implique la récolte et le stockage de foin, donc un fenil. Ce bâtiment de 8 m par 4 m et 3 m de haut peut contenir 550 bottes de foin de 10 à 12 kg.

 

Les bottes sont fabriquées avec un moule métallique dans lequel le foin est tassé par piétinement.

Les bottes sont liées à la main, avec des fibres végétales. Le foin vient soit d'herbes, soit de Niébé, sorte de haricot.

Dans le fenil, on laisse un espace entre les bottes de foin et le mur, juste de quoi en faire le tour.

 

Après la visite du fenil, on a été invités à manger un excellent riz-sauce.
N.B.- Les visiteurs avaient droit à une fourchette!

 

Une séance a ensuite réunis les représentants du «groupement» des hommes et les représentantes de celui des femmes. Les deux sexes n'ont effectivement pas les mêmes activités agro-pastorales ou cultivent des champs collectifs séparés.

Tous ont adhéré à la proposition de «banque de céréales».

J'ai aussi reçu une superbe tenture tissée multicolore en remerciement.

Une visite de courtoisie au Maire d'Arbinda [à droite] a clos notre passage dans ce chef-lieu de commune.

 

Sur la route menant à Dala, de fantastiques cailloux sont étrangement disposés, faisant paraître les humains minuscules. Il y a en effet trois femmes dans la photo ci-dessus!

 

Ci-contre: «Chérie, j'ai rétréci Djibril!»

 

À Dala, nouvelle mesure de protection contre la violence des pluies: ce bassin artificiel collecte les eaux de ruissellement. Les berges revêtues de grosses pierres de latérite dissuadent les bovins de s'y aventurer.

Un peu à côté du bassin artificiel, un marigot est habité par des caïmans sacrés. Celui-ci est un jeune qui fait une cinquantaine de centimètres.

Il semble que les adultes se fassent volontiers une poule ou un autre oiseau, mais qu'ils n'aient jamais attaqués un enfant.

Puis il y a eu discussion avec les représentants de Dala. Ils ont accepté l'idée de «banque de céréales» sans problème.

 

Et j'ai reçu 2 poules (évidemment vivantes) en cadeau.

 

Le ciel était superbe en cette fin d'après-midi...

 

Il ne nous restait qu'à rejoindre Gorguél avant le coucher du soleil, car il est déjà assez difficile de suivre une piste de jour, mais la nuit c'est inutile d'essayer!

Djibril qui est né dans ce village, y a fait construire une petite maison: 2 pièces et salon, plus un local de «douche». Les latrines sont à 100 m derrière la maison. Il n'y a évidemment ni électricité ni eau courante dans ces villages de brousse et j'ai oublié de vous dire qu'il fait froid! Pas plus de 25°C le jour, et nettement moins la nuit venue, peut-être 17 ou 18°C! Il y a des nuages, du vent, et le soleil est souvent masqué. Ne souriez pas, sans vitre aux fenêtres, avec des persiennes non étanches, ça caille rapidement et on supporte la couverture polaire! Mais, confort suprême qu'on n'a en tous cas pas dans les petits hôtels que je fréquente, ici les femmes nous apportent des seaux d'eau tiède pour la douche... Quel bonheur!

 

Voeux n° 5 pour 2009:
Qu'il fasse froid où il doit faire froid et chaud où les habitants ne sont pas suffisamment équipés pour vivre à moins de 25°C!

À suivre...

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