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Burkina Faso, janvier 2009 — 6

... par
Gilbert Cujean

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Deux jours «au village» (3)

Ouahigouya, jeudi 22 janvier 2009

La nuit de samedi 17 à dimanche 18 janvier s'est bien passée, à Gorguél, en plein Sahel [voir mes 2 Notes précédentes].

 

Au petit matin, le lever du jour sur le village était de toute beauté.

 

 

Mais regardez bien l'image: il y a une antenne de TV sur une case! On ne rêve pas, un des frères de Djibril possède une installation surprenante comprenant un capteur solaire placé sur le toit qui charge une batterie de camion. Un onduleur transforme le courant continu en alternatif... et le tour est joué!

L'image est passablement «neigeuse» et en noir/blanc, mais c'est bien la RTB en direct!

En ce dimanche matin, on a pris la piste de Gorguél à Sénékaye, autre petit village ayant bénéficié de l'opération «Mil pour le Sahel». La photo ci-dessous montre (!) l'embranchement de deux pistes, une à gauche, l'autre légèrement à droite. Et des «carrefours» de cette sorte il y en a tous les 2 ou 3 kilomètres. Gare à l'erreur d'aiguillage!

En arrivant près des premiers quartiers de Sénékaye, on s'est arrêté pour saluer des femmes qui pilaient le mil.

Et puis, j'ai décidé de piler avec les femmes. L'une d'elles m'a prêté son pilon et en avant!

Or, comme dans les banlieues européennes, un jeune équipé d'un téléphone portable a filmé la scène. Comment récupérer la vidéo? Élémentaire, voyons, par une connexion sans fil «bluetooth» de son appareil au mien, en pleine brousse sahélienne!

Surréaliste dites-vous?
Oui,... et alors?

Les habitants de Sénékaye ont déjà commencé leur propre «banque de céréales», avec des bottes de petit mil et quelques sacs de grains. Notre proposition d'ajouter à ce stock les 10 sacs de «Mil pour le Sahel» tombait donc à point nommé.

 

Une poule m'a été remise en cadeau à l'issue de la séance.

 

En quittant Sénékaye pour N'Goroua, la piste côtoie des diguettes formées de pierres de latérite. Ces ouvrages freinent le ruissellement des eaux et limitent l'érosion durant les pluies.

 

Quelques minutes d'inattention de notre guide (pourtant un paysan local), et nous voilà sur une fausse piste! Il est si peu évident de s'y retrouver que notre homme part à pied devant le véhicule jusqu'au moment où il retrouve le chemin.

 

 

 

 

À N'Goroua, la «banque de céréales» a été acceptée comme ailleurs, et la réunion s'est aussi terminée par la remise d'un cadeau, à savoir 2 superbes coqs!

 

 

 

 

De retour à Gorguél en fin de journée, nous avons visité le forage et le jardin «de l'école» [ci-contre à gauche]. L'installation comprend un parc clôturé d'environ 80 m par 30, destiné à des maraîchages travaillés par les élèves, sous la direction des maîtres. Le tout a été financé par une ONG française.

Or, déception, ce coin est aussi sec que les alentours, et en friches, alors que l'eau est là!

Le soir, à la réunion [ci-contre à droite, le chef du village: un peu sourd, mais présent], j'ai parlé de ma déception alors qu'on recherche des moyens de diversifier les sources pour améliorer la sécurité alimentaire.

Une discussion révélatrice s'en est suivie, où le directeur de l'école a expliqué qu'après une première année de cultures maraîchères, les enseignants un peu débordés par la tâche ont demandé l'aide des parents d'élèves. Une réunion en a vu venir 4 ou 5, alors que ce soir c'est près d'une centaine de personnes qui sont présentes. Personne ne s'est annoncé pour prendre en main ce maraîchage et les choses en sont restées là...

Appuyé par Djibril qui traduisait, je suis intervenu pour demander à la population de soutenir l'école et les enseignants. L'école est capitale pour le développement de ces régions rurales et les gens n'en sont pas vraiment conscients. On sent là tout le poids des traditions et d'une culture résistant aux changements, même si ceux-ci sont positifs et prometteurs.

Le maraîchage scolaire devrait reprendre et la «banque de céréales» a fait l'unanimité.

Là on m'a offert 2 coqs blancs (cadeau très honorifique) et 2 pintades. Ma collection de volatiles devenant difficile à déplacer et à entretenir, ceux qu'on n'a pas mangés sur place ont été donnés pour alimenter les prochaines séances des «groupements» paysans.

Et ce fut la seconde nuit «au village»...

 

Voeux n° 6 pour 2009:
Que les populations rurales du Sahel utilisent tous les moyens pour diversifier leur sources d'alimentation et de revenus... et d'abord ceux qui sont déjà à leur disposition!

À suivre...

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