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Burkina Faso, janvier 2009 — 2

... par
Gilbert Cujean

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Contacts, organisation du séjour... et visites à l'hôpital

Bobo Dioulasso, lundi 12 janvier 2009

Les premiers jours d'un séjour sont en principe consacrés à reprendre pied dans la culture locale, renouer les contacts et surtout organiser la suite. Dans mon cas présent, j'ai prévu de nombreux déplacements à l'intérieur du pays et comme il ne s'agit pas de simple tourisme où les infrastructures sont [en principe!] à disposition, il s'agit de synchroniser les disponibilités de mes partenaires et d'y intégrer les transports. Pas toujours facile!
On en reparlera.

Tout ça représente pas mal de temps et une facture de téléphone de plus de 8'000 F CFA (CHF 20.-) pour les 2 premiers jours! Il faut dire à ce sujet que les 3 compagnies de téléphonie mobile actives sur le Burkina ne font des cadeaux que dans leurs publicités... un peu comme en Suisse d'ailleurs! Les contrats sont en principe à prépayement et on achète des «unités» sous forme de cartes à gratter délivrant un code. Mais la correspondance entre unités et minutes ou système de tarification est assez peu claire. Ajoutez à cela que les communications d'un réseau à un autre sont nettement plus chères qu'au sein d'un même réseau et la réaction de ceux qui téléphonent beaucoup ne s'est pas faite attendre: ils possèdent 2 ou 3 appareils, un pour chaque réseau, de manière à diminuer le coût des appels. On a aussi vu apparaître des téléphones mobiles supportant 2 ou 3 «puces» (= cartes SIM), mais ces appareils d'origine chinoise ne sont pas très performant, avec des traductions parfois aléatoires, et surtout extrêmement peu durables!

Un point noir est venu se greffer sur ces premiers contacts: un de mes amis, dit «Rado», a été victime d'un grave accident de circulation le 31 décembre dernier. Je l'ai appris avant mon départ, par Mireille qui m'a confié du courrier, mais les nouvelles n'étaient pas précises et le souci d'autant plus grand... Une fois sur place, j'ai pris contact avec Issouf, un des «petits frères» de Rado et je me suis rendu à l'hôpital Yalgado, le principal établissement de Ouagadougou. C'était la première fois que j'y entrais...

En ce qui concerne mon ami, il semble sauvé, mais tout n'est pas terminé. Il faut dire que la description des circonstances de l'accident fait froid dans le dos (même ici!): Rado roulait à moto (en fait une mobylette Yamaha) quand il a été percuté par deux jeunes qui roulaient comme des fous sur une autre moto. Quasiment pris pour mort, Rado ne doit son transport à l'hôpital qu'à la présence rapide sur les lieux d'un de ses frères. Il était inconscient, blessé à la tête avec saignement de la bouche, du nez et des oreilles, et avait une triple fracture ouverte de la jambe gauche... Après deux jours de coma, il reprend maintenant petit à petit ses esprit et sa jambe est à l'extension dans l'attente d'une intervention chirurgicale, après cicatrisation des plaies (?!). Les deux jeunes, moins grièvement blessés, sont rentrés chez eux, après avoir présenté leurs excuses à Rado et à la famille...

Pour information, ici les motos ne sont en général pas assurées RC, les deux jeunes l'avaient empruntée à un camarade, eux n'ont pas d'argent, il n'y a pas eu de constat de police, ici les témoins d'accident refusent de s'annoncer car il sont convoqués à la police et perdent beaucoup de temps sans défrayement, quand ils ne sont pas inquiétés à leur tour... Moralité (?): comme Rado n'a évidemment pas d'assurance accident, c'est la famille et les amis qui payent —d'avance!— les soins, médicaments et interventions, faute de quoi il n'y a simplement pas de soins!

Et il y a le décor: Les chambres sont de 6 lits métalliques, à peu près corrects, avec tête inclinable et sommier en mousse enveloppé d'une sorte de bâche en plastique. Le reste est amené par la famille: pagnes (draps), habits, couverts et services pour les repas, etc. La famille organise un «piquet» de veille, jour et nuit. Il y a là, plus ou moins en permanence la maman de Rado, deux soeurs, au moins quatre frères, d'autres membres de la famille et quelques amis et amies. En cas de difficulté, c'est une des «visites» qui part à la recherche d'aide médicale.
Les murs des salles sont verts, assez foncés et quelques cafards ou des perce-oreilles y font de furtives incursions dans l'indifférence générale. Sous le lit on range le matériel personnel des malades, ainsi que le carton où se trouvent les médicaments et autres matériels de soins (gants, pansements, etc.) payés par la famille.
Les couloirs sont sombres, les portes des chambres restent ouvertes et les quelques coups d'oeil que j'y ai lancé montrent systématiquement le même tableau, sorte de «cour des miracles», malheureusement sans trop de miracles!

Vous comprendrez que je n'aie pas d'images à vous montrer...

... mais:

Voeux n°2 pour 2009:
Que plus personne (soyons réaliste, disons «Que moins de personnes...») ne meure faute de soins, pour des raisons purement financières, à l'hôpital de Ouagadougou et dans tous les pays en développement.

À bientôt pour la suite... et prenez soins de vous!

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