N O T E S   D E   V O Y A G E S

Bénin, Mali, Burkina, juin 2001 — 21 à 25

... par
Gilbert Cujean

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Date : 29 juin 2001 12:59:09 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 21 - Juin 2001 - Arbinda et Gorguél
À : info@deltalink.org

*** Ouahigouya, vendredi 29 juin 2001

Bien le bonjour,

Je suis en train de me dire que je vous raconte mon expédition dans le Sahel et que je n'en ai même pas expliqué les buts. Dont acte.
Vous savez peut-être, sinon je vous l'apprends, qu'une disette assez dure sévit dans toute la région suite aux récoltes catastrophiques de l'année passée. En 2000, il n'a en effet presque pas plu, et à bien des places, les cultivateurs n'ont rien obtenu. Des céréales existent, en provenance du sud du pays ou de l'étranger, mais les prix ont grimpé à près de 4 fois la norme. Les habitants de la brousse, principalement cultivateurs, vivent surtout de leurs récoltes et commercent peu. Ils ont dont peu d'argent et quand il faut acheter le petit mil, le sorgho ou le riz, c'est la misère et la faim.
Dans ce contexte, le gouvernement burkinabè a lancé un appel à l'aide internationale auprès des pays riches et des ONG travaillant avec le pays.
J'ai reçu deux lettre circulaires dans ce sens, de l'ambassade du Burkina à Berlin, dont dépend la Suisse.

Sachant que dans de pareilles situations, les plus défavorisés vont encore passer à côté de l'aide officielle, nous avons décidé, Françoise [mon épouse] et moi, de faire un geste ponctuel, modeste, mais bien ciblé.
Premier bénéficiaire, le village de Mouni, à 25 km de Ouahigouya, où nous avons déjà financé une bibliothèque scolaire. Lors de mon passage en novembre dernier, j'avais apporté 500 kg de mil pour la cantine "endogène" de l'école. Cette cantine où mangent les 130 écoliers est alimentée pour moitié par les parents et pour moitié par une organisation humanitaire états-unienne... et bien j'ai appris ces derniers jours que cette année, la seconde moitié n'était pas arrivée!
Ensuite, nous avons mandaté Djibril Koura, un ami qui travaille à la Croix-Rouge Burkinabè, d'identifier deux groupes de personnes particulièrement démunies où nous acheminerions à chacun une tonne de petit mil, en deux étapes. Il a choisi Arbinda et Gorguél, car c'est là qu'il est né et a vécu son enfance, et dans ces villages, plus particulièrement les vieux de 70 ans et plus. Djibril et Mahamady ont supervisé une première distribution à mi mai.
Nous sommes en route pour la seconde, malheureusement sans Djibril, retenu à Ouaga par un séminaire...

À part ça, on en était resté à notre arrivée à Arbinda. C'est un village sans électricité et là, la nuit, il fait nuit! Un quart de lune et deux candélabres à cellules solaires, pour une agglomération de 7'000 habitants, c'est peu. Il y a quelques feux ouverts, par ci par là, et à part ça tu te diriges au radar ou à la torche électrique, ou encore alternativement à l'un et à l'autre, pour économiser les piles. Ce qui donne un très joli effet, avec des points lumineux qui apparaissent et disparaissent, déplacés par des forces invisibles. Il y a aussi peu de bruits, ici, comparé à la pollution sonore qui d'habitude est omniprésente et qui nous fatigue pas mal, nous autres Européens. Pas de stéréo à fond, pas de voitures, à peine quelques motos ou mobylettes...

Après quelques recherches, on trouve notre correspondant. Nous devions habiter "tout confort" dans de nouveaux logements pour enseignants, non encore occupés, mais le directeur de l'école est parti chercher les résultats des examens du BEPC (2 jours de voyage)... avec la clé! On met donc à notre disposition une classe d'école à la sortie du village. Un sceau d'eau et une cabine de latrines serviront de douche... quand on y verra plus clair! On amène un lit de camp pour moi et un matelas pour Mahamady. Pas question de fixer une moustiquaire, mais il n'y a pas beaucoup de moustiques et les produits répulsifs et la Méphaquine feront le reste!

Retour au village. On trouve facilement un vendeur de viande grillée, car on est dans un pays d'éleveurs (Peuls). Malheureusement, on s'apercevra un peu plus tard que nos brochettes sont tout simplement immangeables. Dire que c'était de la semelle pourrait trompeusement faire penser à la souplesse du cuir de bons mocassins, il faudrait bien préciser semelle de caoutchouc (ou "Vibrame" pour les Suisses!) pour une comparaison valable... ;-[
Les bières, même pas très fraîches, ont par contre bien passé, merci!

Vers minuit, on s'installe dehors, sous l'auvent de l'école, car la température à l'intérieur est vraiment trop élevée.
Quel beau dimanche! Bonne nuit tout le monde!

Arbinda, 2001 Arbinda, 2001
Arbinda, 2001 Arbinda, 2001

Lundi matin, 25 juin. Levé de bonne heure, douche de fortune et découverte du décor qui est superbe: le village est adossé à une colline rocheuse, couverte de blocs arrondis par l'érosion du vent et posés en chaos.
Impressionnant.
On trouve un endroit pour prendre un café au lait (Nescafé et lait condensé, merci Nestlé!) et une baguette de pain. Après notre aventure culinaire d'hier soir, ça nous requinque bien.  

On nous amène la fameuse moto (Yamaha 100) et le responsable de Gorguél vient pour nous guider. La piste fait environ 15 km que l'on parcourt en 3 quarts d'heure. C'est de la savane sahélienne, terre sableuse et poussiéreuse, quelques arbres, surtout ceux qui sont pourvus d'épines très acérées et qui décourage la plupart des animaux. Il a plu un peu ces derniers jours et, par endroit, on découvre des taches de cette moquette verte très caractéristique qui peut recouvrir le sable en quelques heures.
On passe aussi par des hameaux, on contourne des champs fraîchement semés. Et c'est Gorguél.

Gorguél, Arbinda, 2001 Gorguél, Arbinda, 2001
Gorguél, Arbinda, 2001

Le village est composé de plusieurs groupes de cases comptant en tout environ 900 habitants. Il y a un baptême quelque part et Gorguél "Centre" n'est pas très animé.

On nous fait patienter une demi-heure dans la maison que Djibril Koura s'est fait construire dans son village.

Les habitants se sont organisés eux-mêmes, sous la direction du responsable du groupement Naam local (sorte de syndicat paysan), pour déterminer qui devait recevoir de l'aide et une liste nominative a été établie: cela fait 37 personnes.

Gorguél, Arbinda, 2001 Gorguél, Arbinda, 2001
Gorguél, Arbinda, 2001 Gorguél, Arbinda, 2001

On place une bâche et une natte sur le sol pour ne rien perdre et les 5 sacs sont dressés au centre de cette surface. Ils ont été transportés au village la semaine passée, en camion de Ouagadougou [voir Notes de voyage 18] au village précédent Arbinda sur la grand'route, puis par charrette à âne.
La distribution se fait au vu et au su de tous, dans le calme: à l'appel de son nom, l'intéressé ou son représentant s'avance avec une grande cuvette ou un sac et reçoit 6 grosses boîtes de conserve de petit mil. Le solde final de quelques boîtes sera réparti entre ceux qui ont travaillé au partage.
Détail amusant: les sacs sont marqués "DELTA SACKS 100 KG"! Je me suis permis d'en garder un en souvenir.

Une brève mais émouvante "partie officielle" a suivi, avec quelques discours de remerciement. J'ai salué le courage des gens d'ici et expliqué notre geste, mais les mots arrivaient difficilement et j'avais les larmes aux yeux. J'avais demandé qu'on limite strictement les cadeaux, ne voulant pas repartir avec une partie de l'aide sous une autre forme. Mon voeux a été exhaussé, mais j'ai tout de même reçu un ou deux kilos de sésame, des bandes de tissage pour me faire coudre un habit et un sous-plat artisanal, le tout confectionné à Gorguél...

Arbinda, 2001Au retour, le responsable du groupement qui nous précédait sur son P50 a vu sa roue arrière se bloquer brutalement par un bout de branche sur laquelle il avait roulé. Lourde chute, heureusement sans gravité (peut-être un pouce foulé?). On peut continuer après redressement du guidon et de la selle: l'homme et sa monture en ont certainement déjà vu d'autres!

À Arbinda, on a changé de boucher! Cette fois, la viande est succulente. Il restera notre fournisseur exclusif jusqu'à la fin de notre séjour (genre "By Appointement To Her Majesty..."!). On passe le début de l'après-midi au maquis qui doit posséder le seul réfrigérateur à gaz du coin! On fait vite connaissance avec la tablée voisine: Mahamady qui connaît la moitié des Burkinabè a toujours au minimum un membre de sa famille qui connaît un membre de la famille de l'autre. Quant à moi, rien qu'en connaissant Djibril Koura qui est d'ici, Bernard Lédéa Ouédraogo qui est le président fondateur de la Fédération Nationale des Groupements Naam, feu le vieux Zender Porgo et quelques uns de ses enfants, j'ai déjà l'impression d'être de la famille... c'est tout vous dire!

Juste en passant, on s'est inquiété du car de la STMB qui, hier, devait passer demain... et bien aujourd'hui, c'est toujours demain! Mais demain c'est mardi et on doit rentrer sur Ouahigouya!
Mais demain c'est aussi un autre jour. Inch Allah!

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Voilà pour aujourd'hui. Merci de votre attention et à la prochaine!
[Je viens de m'apercevoir que je vous ai envoyé deux "Notes de voyage 14"; si vous en avez détruit une et que vous persistez à me lire, dites-moi celle qui vous reste, je vous renverrai l'autre.
Encore un coup du "copier-coller"!]

Avec mes amicales pensées,
Gilbert Cujean
Cellulaire: +226 / 82 58 79
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Date : 29 juin 2001 20:18:51 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 22 - Juin 2001 - Retour d'Arbinda
À : info@deltalink.org

*** Ouahigouya, vendredi 29 juin 2001

Rebonjour,

Je dis comme ça car je viens d'envoyer mes Notes 21 et j'ai accumulé pas mal de retard... alors on continue!

Mardi à 3 heures du matin, on a dû rentrer en classe. Finie la récré! Le vent soufflait en tempête rageuse et les éclairs étaient superbes. Il a finalement plu, mais pas beaucoup. La température a tout de même chuté de quelques degrés: il doit faire presque 30° dans la fraîcheur du matin...

Aujourd'hui [donc mardi 26 juin], on répète l'opération d'hier, mais à Arbinda même. La distribution se passe dans le même contexte qu'à Gorguél, mais ici il y a près de 80 bénéficiaires et la quantité est limitée à 2 boîtes par personne.
À Arbinda City, on a déjà l'esprit citadin: ça discute ferme sur l'opportunité d'ajouter celui-ci ou celle-là à la liste déjà longue; on ressent moins de solidarité entre les gens, même sans comprendre la langue "foulsé", à ne pas confondre avec le "foulfouldé" (peul). Mais chacun finit par avoir sa ration, même deux très vieilles femmes arrivées après tout le monde. Là aussi, même si la discussion est animée, les choses se passent ouvertement, devant tout le monde. On a aussi eu droit à quelques mots de remerciements et on m'a offert une très jolie couverture faites de bandes tissées étroites cousues entre elles.

Arbinda, 2001 Arbinda, 2001
Arbinda, 2001 Arbinda, 2001
Arbinda, 2001 Arbinda, 2001

Arbinda, 2001Intermède un peu surréaliste: attiré par les coups inlassablement répétés qu'un type, assis sur le rocher voisin, assène avec force entre ses jambes écartées, je m'approche. Il tient en main un cylindre d'acier brillant, de peut-être 8 cm de diamètre et d'une trentaine de centimètres de long et il martèle un petit tas de sable. De l'autre main, il ramène les grains extérieurs dans le trou formé au centre du tas. Quatre coups, changement de main, quatre coups, changement de main, et ainsi de suite.
Je m'accroupis à côté de lui: "—Bonjour, ça va?", n'espérant qu'un "Lafi!" en retour. De son sourire partiellement édenté, le vieux me répond "—Oui, bonjour, ça va?". Je lui demande alors ce qu'il fait et il m'explique qu'il casse les cailloux pour trouver de l'or. Et il en trouve? "—Un peu, un peu..." Et d'où viennent ces cailloux? Geste vague en direction de la colline rocheuse: "—Là-bas, y a des mines!". Je n'en saurai guère plus et quand je lui demande si je peux le prendre en photo, il refuse gentiment et je n'insiste pas. Je n'aurais de lui qu'une photo de loin. Et durant toute la conversation, il n'a pas arrêté de battre son mortier!

Mais c'est pas tout, ça, il nous faut songer au retour. Toujours pas de nouvelle du fameux car de la STMB. Aux dépôts de céréales, un camion doit bien décharger et repartir, mais pas avant le milieu de l'après-midi (qu'on nous dit!). Mais entre parenthèse, j'ai repris possession de ma bouteille d'eau et de son emballage isotherme. On l'a retrouvé sous les sacs du semi-remorque.

Bon. La situation est la suivante: Un car part de Djibo pour Ouahigouya à 15 heures. Nous devrions le prendre. Djibo est à 90 km. Il est 10 heures environ. On a la moto d'un type qui n'est pas ici mais à Titao, précisément entre Ouahigouya et Djibo et qui doit rentrer sous peu.
Que faire? "—Eh bien vous téléphonez au type en question, et...", me direz-vous. Mais ici il n'y a pas de téléphone! Mahamady et moi on a vite fait de prendre la décision: on y va à moto. Les préparatifs sont vite faits: le plein d'essence et d'huile; l'achat d'un élastique pour attacher le sac de Mahamady sur le porte bagage (moi j'ai un sac à dos); avertir du scénario le responsable du groupement de Gorguél et le frère du propriétaire. On laisse 5'000 F CFA pour la "location", on va s'enfiler un peu de viande et une dernière grande bière, sac au dos et départ!
Il est 11h30, il fait bon chaud. Mahamady m'avouera plus tard que les rustines achetée la veille étaient restée sur le vélomoteur du responsable. Moi je croyait qu'on les avait avec nous!

Arbinda-Djibo, 2001  Arbinda-Djibo, 2001

On connaissait la route vue d'en haut, maintenant c'est presque au raz du sol. La moto est en parfait état, ce qui a fait une bonne part de notre décision, et c'est à un peu moins de 60 km/heure qu'on entame le périple.
Mahamady conduit bien. La route est en général belle droite, mais il y a quelques trous et la tôle ondulée à éviter. Contrairement à l'aller et grâce à l'orage de la nuit passée, plusieurs barrières de pluie sont inondées et on se mouille un peu les pieds. Avec un petit arrêt à Bélédé, on mettra 2 heures pour rejoindre Djibo...

Arbinda-Djibo, 2001

Là il y a le téléphone et on essaye d'atteindre Maïga Sarga, le propriétaire de la moto. Au bureau des groupements Naam de Titao, on nous dit qu'il vient de prendre le car pour Djibo! Il sera content d'avoir sa moto pour rentrer, parce que le car STMB c'est pour demain (sic)!

On cherche un maquis qui a encore de la bière et si possible fraîche. Au sixième essai, on est bon! Mais le gérant est parti faire une course, alors c'est un habitué qui manipule le frigo, les verres et le décapsuleur. Et cet habitué... a été à l'école d'Arbinda avec Djibril Koura,... bien entendu!

On ramène la moto à la gare STMB. Entre-temps le car de Ouahigouya-Titao est arrivé. M. Sarga qui est allé manger, sait déjà que son engin est là. On a refait le plein: 3 litres pour 90 km à pleine charge, c'est assez économique (bon, d'accord, j'ai un peu maigri, mais ça fait pas tout!). On voit Sarga juste avant le départ et il est vraiment enchanté qu'on lui ait amené sa bécane.
Il y a des moment un peu étranges dans la vie, non?

Retour sans problème sur Ouahigouya. Sauf la crevaison d'une roue arrière du car, mais ça compte pas pour une aventure, on est blasé!

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Pour ceux que cela intéresseraient, et comme la prochaine récolte de mil n'aura lieu qu'en octobre, je pense organiser une distribution supplémentaire de céréales, mais cette fois avec votre aide!
À titre indicatif, 100 kg de petit mil, rendu et distribué, coûtent environ CHF 50.-. Si le coeur vous en dit, annoncez-moi vos promesses de dons par e-mail, je vous tiendrai au courant de la suite. Merci d'avance pour les gens d'ici et sachez que chaque grain compte: j'ai vu les enfants trier la poussière du sol après notre distribution, c'est dur.
Et Gorguél, par exemple, n'a encore reçu aucune aide gouvernementale.

Demain matin je retourne à Ouagadougou et mon programme est hyper-concentré jusqu'à mon départ dimanche soir (eh! oui, je rentre!). Alors je ne sais pas si les prochains messages ne seront pas envoyés après mon retour, car il y a encore des aventures, cramponnez-vous!

Alors ciao tout le monde et à bientôt!
Gilbert Cujean
Cellulaire: +226 / 82 58 79
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... en voyage en Afrique [:-3)=


Date : 2 juillet 2001 16:40:48 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 23 - Juin 2001 - Mouni
À : gc@deltalink.org

*** Ouagadougou, dimanche 1er juillet 2001
... terminé à...
*** Bruxelles, lundi 2 juillet 2001
... et à...
*** Éclépens, lundi 2 juillet 2001

Hello,

[...]

Mercredi dernier (27 juin), nous avons complété notre action contre la famine par une opération supplémentaire à Mouni.
Mouni n'est plus un village inconnu, pour ceux qui me lisent depuis longtemps: c'est celui où il y a la "Bibliothèque scolaire Cujean", à 25 km de Ouahigouya. En effet, il y a un peu plus de 2 ans, ma femme, Françoise avait décidé de soutenir le projet d'Abdoulaye Ouédraogo, enseignant et actuellement responsable des ressources humaines de l'Enseignement de base dans la province. Ce projet consistait à créer une bibliothèque scolaire dans son village d'origine. J'avais aussi adhéré au projet et supervisé un peu sa réalisation lors de mes précédentes visites au Burkina. Cette outil pédagogique fonctionne maintenant depuis une année environ dans ce village de brousse de 900 habitants qui ne possède ses 3 classes d'école que depuis une dizaine d'années.

J'ai déjà parlé il y a quelques jours d'un premier apport de 500 kg à la cantine scolaire, en novembre dernier. Cette fois, je désirais apporter 5 nouveaux sacs à destination des femmes du village. Surtout que l'ONG états-unienne qui devait apporter l'autre moitié de la nourriture à la cantine scolaire, ne s'est pas manifestée... ou l'aide a été détournée avant! C'est ça l'Afrique!

Le coup a été vite organisé: pendant mon absence de ces derniers jours, Abdoulaye était chargé de trouver du sorgho (mil) et un véhicule. Pour les céréales, pas de problème, c'est assez cher, mais on en trouve. Quant au véhicule, on va emprunter le pick-up Toyota 4x4 du Directeur Provincial de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation (DPEBA, prononcez "dépéba").
Je connais Saïdou Ouédraogo depuis 1998, c'est un type truculent, amateur de foot, supporter fanatique de l'équipe de France et de Nantes! Il nous prête son véhicule de service pour 6'000 F CFA de carburant (le double de la consommation prévue), mais il n'y a pas de chauffeur, c'est moi qui conduirai!

Vers 14h30, on achète les 5 sacs, on les fait charger sur le pick-up et moteur! Abdoulaye sert de guide, car je suis déjà allé à Mouni, mais je ne suis pas 100% sûr de ne pas me tromper de piste. Sur la seconde banquette ont pris place Mahamady et Claudine Onadja, une enseignante de Ouahigouya que je connais aussi depuis longtemps, un peu fofolle, mais très sympa, et qui voulait voir Mouni et sa bibliothèque scolaire...

On suit la route du Mali, en direction du nord-ouest, sur une bonne quinzaine de kilomètres jusqu'à Bango. La route est en terre battue, rouge, et la pluie récente à collé la poussière. Puis on quitte la route pour la piste. Le sable est gorgé d'eau et on traverse des flaques ou des petits ruisseaux à gué. Heureusement qu'on a un 4x4. J'ai déjà fait cette piste l'année passée en saison sèche, c'était du gâteau, mais là, c'est un peu plus délicat et j'adore!
Mouni n'est qu'à 4 ou 5 kilomètres de la route. À 500 m du village, la piste est coupée par un torrent tumultueux: c'est fou ce qu'il peut y avoir d'eau dans ce désert! Il y a plus de 40 cm d'eau et le courant est assez fort.

Mouni, 2001 Mouni, 2001
Mouni, 2001 Mouni, 2001

Abdoulaye qui connaît le chemin dit que le fond est une dalle de rocher, mais je crains que le véhicule soit ripé et que nous nous enlisions à côté du caillou... on a tout de même 500 kg de mil sur le pont! Finalement je fixe au pick-up une solide sangle en nylon (j'avais quand même pris un peu de matos!) et 6 ou 7 gaillards du village nous "assureront". Tout se passe finalement sans problème, mais une précaution de trop vaut mieux qu'une de pas assez!

On arrive sur la place de récréation de l'école où on retrouve le jeune directeur et animateur de la bibliothèque. À part lui et une grappe d'enfants, il n'y a personne. Les gens nous attendaient plus tôt et sont rentrés pour échapper à la pluie qui vient de cesser. On fait décharger les sacs chez le directeur qui les remettra aux femmes, comme prévu. Je fais grimper les enfants sur le pont et dans la cabine pour faire les 100 m qui nous ramènent à la bibliothèque: c'est presque l'émeute!

Mouni, 2001 Mouni, 2001
Mouni, 2001 Mouni, 2001

La bibliothèque fonctionne bien et le dernier livre de Didier Dériaz "Inaïni Afrika" que j'ai transmis au directeur y figure déjà. Là je vais faire un petit coup de pub pour mon ami Didier, le photographe: j'ai beaucoup aimé son dernier livre d'images où il nous présente l'Afrique comme elle est, tout simplement, sans abêtissement, sans misérabilisme, sans concession non plus, mais avec 25 ans de vécu et d'amour. Dans les bonnes librairies ou directement chez l'auteur (au Moulin de Cuarnens ou <max.havelaar@gve.ch> [Actuellement, à CH-1446 Baulmes/ndlr]), il coûte à peine plus de 50 francs... faites-vous plaisir!

Mouni, 2001 Mouni, 2001
Mouni, 2001 Mouni, 2001
Mouni, 2001 Mouni, 2001

Petit à petit, par petit groupes, les femmes puis les hommes de Mouni rejoignent l'école qui est à 200 m en dehors du village, et c'est bientôt une foule assez compacte qui nous entoure. Au fil des visites, je commence à reconnaître certaines personnes: la "cheffe" des femmes, le responsable administratif, le président des parents d'élèves... et l'imam qui me fait toujours irrésistiblement penser à "Mme Pahud" de François Sylvan (sketchman suisse pour ceux qui ne connaîtraient pas)!
Les discours sont brefs, là aussi et comme d'habitude, je serre des centaines de mains. Claudine qui est une Gourmandché (région de Fada, est du Burkina) a une relation de "parenté à plaisanterie" avec les Mossi, habitants de Mouni. Ces derniers ont d'ailleurs menacé de la vendre pour acheter des vivres!
La "parenté à plaisanterie" est une coutume qui veut que dans des relations tendues de minoritaire à majoritaire, de dominé à dominant, de subalterne à supérieur, etc. le dominé puisse dire ses 4 vérités ou même, dans certains cas, injurier le dominant dans une sorte de jeu qui se termine en éclats de rires! Belles leçons de résolution des conflits, parfois surprenantes pour le non initié. Ce qui est compliqué, c'est de savoir entre quelles ethnies ou groupes d'individus la "parenté à plaisanterie" existe, car c'est assez irrationnel... autrement ça serait trop simple!

La pluie menaçant de plus en plus, on ne s'attarde pas. Un des notables a juste le temps de nous tendre un joli coq, les pattes liées par une ficelle.
Au retour, le torrent furieux de tout à l'heure est un ruisseau tranquille avec 10 cm d'eau!

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Je suis donc rentré ce matin.
Encore un message et ce sera la fin du feuilleton.
À tout bientôt,
amicalement,
Gilbert Cujean
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... de retour d'Afrique [:-3)=


Date : 4 juillet 2001 00:12:54 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 24 - Juin 2001 - Fin de séjour...
À : gc@deltalink.org

*** Éclépens, mardi 3 juillet 2001

Bonjour à tous,

Mes deux derniers jours à Ouahigouya (jeudi et vendredi derniers) ont été marqués par une joie et une déception. La joie d'abord: Le coq ramené la veille de Mouni a vécu et picoré toute la journée dans la cour du Colibri, mais de noirs projets planaient sur son avenir proche... En effet, j'ai chargé Nikiéma l'homme à tout faire de l'hôtel, de lui trouver un compagnon, avant qu'Oumar, le réceptionniste ne les passe tous les deux à la casserole! En novembre 2000, déjà, il nous avait confectionné un "poulet au rabilé" (levure de bière) de toute grande classe et jeudi soir, il n'a pas fait reculer sa réputation: c'était délicieux!
J'avais convié Abdoulaye, responsable du projet Mouni, Issouf et sa femme, l'équipe de l'hôtel avec Nikiéma, Oumar et Oumou la co-réceptionniste, Ali l'informaticien du secrétariat public voisin et sa petite soeur, et, pour qu'ils ne soient pas dérangés par le bruit: mes voisins de chambre, une équipe technique de la Radio Nationale. Deux ou trois personnes que je connaissais de vue se sont encore jointes à la tablée.

Ici, quand quelqu'un vous surprend en train de manger et vous souhaite "—Bon appétit!", vous devez répondre "—Vous êtes invités!"... et la personne peut vraiment s'asseoir à votre table et partager les plats! Par contre, il n'y a aucune raison de lui préparer quelque chose de spécial, on partage ce qu'il y a et quand il n'y en a plus, il n'y en a plus.
Les poulets étaient accompagnés d'un excellent couscous. On s'est régalé!

Il ne faisait pas trop chaud à cause d'une bonne pluie de l'après-midi.
L'ambiance était détendue, Ali avait trouvé une stéréo, on a dansé sous la paillote jusqu'à passé minuit. Mais tout le monde travaillant le lendemain, il n'y a pas eu de prolongations jusqu'à point d'heure...

La déception, est venue de Sayouba Mohio Ouédraogo, le maintenancier informatique qui m'avait fait si bonne impression l'année passée. D'abord la communication avec lui a été difficile ces derniers mois: pas de réponse à mes mails, ou alors une demande farfelue (antenne TV parabolique, matériel vidéo high-tech) puis plus rien, bref, un dialogue un peu bizarre... En novembre dernier, je lui avais confié des barrettes de mémoire et quelques processeurs dont il pouvait faire bon usage. J'avais fixé des prix et s'il vendait un objet, il devait me verser la moitié sur mon compte à la BICIA-B.
Je n'ai rien vu venir, il me doit donc quelques explications.
Jeudi, il devait passer au Colibri à 10 heures. À 18 heures, il a téléphoné... pour dire qu'il n'avait pas pu venir! On fixe un nouveau rendez-vous à vendredi, même heure. À 13 heures, alors que je me dirigeais à pied vers le centre de Ouahigouya pour aller manger, il m'a rattrapé avec son P50. On est allé manger ensemble et il m'a expliqué que son retard était dû au fait qu'il avait encore essayé en vain d'encaisser des factures auprès de ses clients. Il n'arrive pas à se faire payer, dit-il, même (et surtout?) par les institutions comme la FNGN (Groupements Naam) ou ECLA (Moussa Bologo). Il a même tellement de difficultés qu'il ne paye pas régulièrement sa ligne téléphonique et se la fait couper de temps en temps. Vraies ou fausses, ces explications ne me concernent pas et je le lui ai dit. "—Et le matériel à vendre?" En plus de 6 mois, il n'a vendu qu'une barrette de 32 MB, mais n'a pas encore reçu l'argent (?) donc n'a pas pu me payer ma part.
Le reste est encore disponible, m'assure-t-il. OK, qu'il me rende donc les 3 barrettes et les 10 processeurs qui restent!
Il a mis 3 bonnes heures pour aller chercher ces objets chez lui, à un petit kilomètre du Colibri... et il manquait 4 des processeurs qu'il devait rapporter avant mon départ de Ouahigouya, le lendemain à 10 heures et que je n'ai pas revus! Mieux encore, samedi après-midi, de retour à Ouagadougou, j'ai proposé les 3 barrettes mémoires à M. Haddad de H2 Informatique. On a essayé les barrettes qui s'étaient du coup transformées: de 16 MB elle ne faisaient plus que 4 MB! J'ai donc encore des comptes à régler avec Sayouba, mais pour moi, ça fait encore une tête qui tombe alors qu'il avait tout pour réussir et était bien parti... Ses clients agissent peut-être de manière dégueulasse avec lui, je veux encore bien le croire, mais lui me bourre le mou, j'en suis persuadé.

*** Note ajoutée en mars 2009, à la publication de ces archives:
Sayouba Ouédraogo, dit Moyo, est décédé le 21 décembre 2002, à 32 ans. Fauché par un poids lourd à 20 km de Ouahigouya, alors qu'il rentrait à mobylette d'une intervention à Gourcy. Sa tombe est là, en contrebas de la route, sur les lieux-même de l'accident. Il a laissé une jeune veuve, enceinte de 7 mois, Lizeta, qui ne touchera une indemnité de l'assurance du camion qu'en 2008, près de 6 ans après le drame. Le chauffeur était pourtant fautif et a —semble-t-il— même été incarcéré. Entre-temps, il a bien fallu vivre et élever la petite Farida. Victime (consentante?) du «lévirat», elle a épousé le frère cadet de Sayouba. Il a aussi fallu se battre contre l'assurance du fautif, par avocat interposé, celui-ci prélevant 25% de la somme obtenue en fin de compte. Tout ça c'est aussi l'Afrique!

Durant ces deux derniers jours à Ouahigouya, je me suis un peu reposé, je vous ai écrit, j'ai répondus à d'autres "courriels"... 48 heures de vacances, quoi!

Samedi matin, bouclage des valises et retour à Ouaga. Avec plus de 30 kilos de bagages, on ne prend pas la mobylette, mais comme l'inspecteur est absent pour cause de décès dans sa famille, on a de nouveau recours au DPEBA qui nous prête son pick-up sans problème. Comme c'est moi qui ai le permis, ça complique un peu les choses, mais finalement tout baigne:
1- Abdoulaye vient me chercher avec sa mobylette.
2- On se rend à la DPEBA en mobylette.
3.- On prend le pick-up et on se rend au Colibri. Chargement des bagages. Ali vient avec nous.
4.- On amène mes bagages à la gare routière de la STMB, près du Grand Marché.
5.- On ramène le véhicule à la DPEBA. Adieux à Saïdou, le directeur et à Abdoulaye qui a du travail.
6.- Retour en mobylette à la STMB, avec Ali comme chauffeur qui ramènera la mobylette plus tard.

Tout ces trajets seront effectués en coupant et recoupant un "critérium" cycliste où des jeunes de 10 à 20 ans s'essoufflent dans la chaleur montante, sur des bécanes d'un autre âge. Le circuit passe devant l'hôtel.
En plus d'Ali, Issouf et Sayouba (l'enseignant) sont à la gare pour me saluer. Mahamady est reparti jeudi matin, il avait des courses à faire.

À Ouaga, c'est Laetitia qui vient me chercher à la gare routière avec sa voiture. Fantastique brochette de capitaine (poisson d'eau douce?) au maquis Aboussouan dans le quartier de Gounghin sud.
Je suis juste arrivé à l'hôtel Riviera pour rencontrer Edouard Kaboré, un peut-être futur partenaire de DeltaLink. Il est indépendant et a l'air compétent et sérieux. À suivre aussi.

Je rend une petite visite à M. Haddad de H2 Informatique. Il a payé le solde de la dernière commande, sans même avoir encore reçu la marchandise qui est actuellement en mer, et je tenais à le remercier.

La dernière soirée à Ouaga se passera avec Djibril, Mahamady, Laetitia et un de ses copains. On prend position dans un maquis qui fait du très bon poulet (c'est évident, il est en face de l'École Nationale de Police!). Il est plus de 2 heures du mat quand on décide d'arrêter de philosopher et de se raconter des histoires.

Encore une bonne heure pour fermer mes valises, mais j'adore les jeux chinois où il faut combiner des pièces pour entrer dans un volume donné... là je suis servi!

Dimanche matin, mon ami Abdoul Salam Kaboré viens me chercher à l'hôtel avec mes bagages. Il y a pré-consignation entre 10h et midi à l'aéroport et je peux ainsi me débarrasser de près de 32 kg! Salam est un vieil ami dont je n'ai (presque) pas parlé, car on n'a pas trouvé le temps de se voir. Il est docteur en pharmacie, possède la Pharmacie du Progrès, dans le quartier de Pissy, sur la route de Bobo, et surtout il a été ministre de la santé et des sports du président Thomas Sankara, assassiné en 1987 par les hommes de Blaise Campaoré.
Il m'emmène manger chez lui. On parle de la situation économique actuelle qui se dégrade toujours plus, et de la corruption qui touche de plus en plus toutes les catégories de fonctionnaires. Il semble que même l'ambassadeur de France qui est cul et chemise avec Blaise s'en soit rendu compte: d'après la presse du jour, il a transmis un message "confidentiel" à Paris, où il explique qu'il n'est bientôt plus possible de coopérer sainement avec l'administration burkinabè. La France va-t-elle enfin lâcher les baskets de son ancienne colonie? Beaucoup le souhaitent ici, mais se serait alors certainement fini pour les gouvernants actuels et ils ne sont pas prêts à lâcher le pouvoir et les richesses qu'ils ont accumulées. Si un bain de sang semble heureusement exclu, vu le pacifisme général des populations, il est bien possible que Blaise et son équipe connaissent une fin proche de celle qu'ils ont réservée à Thomas Sankara...

Au milieu de l'après-midi, j'établi mes quartiers au "Jardin de l'Aéroport", et le visites commencent, quelques appels téléphoniques aidant. C'est d'abord Rado et deux de ses acolytes qui viennent me souhaiter bon départ et me remettre du courrier pour la Suisse. Puis c'est Djibril Koura, l'organisateur du transport et de la distribution de mil à Arbinda et Gorguél, qui vient me rendre les comptes précis des 2 opérations, avec justificatifs et tout et tout. C'est un petit peu plus de 500'000 F CFA (env. CHF 1'200.-) pour 2 tonnes en 2 voyages de 2 x 500 kg. On arrive donc à CHF 60.- tout compris et notamment un (petit) salaire pour Mahamady, mais sans indemnité du tout pour Djibril lui-même "... parce que c'est mon village. C'est à moi que tu as donné ces sacs!", dit-il.

Un peu plus tard encore, c'est Mahamady, Ahmed Lamine et Laetitia qui arrivent coup sur coup. Un dernier repas dans un autre maquis, près du Bureau de la Coopération Suisse, et c'est les adieux, rapides car j'aime pas ça! Il est presque 21 heures et je me retrouve dans la zone de départ...
Plus rien à signaler, tout le monde sait que les voyages en avion c'est plutôt chiant. Je mange, je picole un peu et je dors emballé dans une couverture.

On passe sur la Suisse romande, lundi à 4h40 heure locale. Il fait encore nuit, mais pas complètement. Le spectacle est prodigieux. On doit être sur l'axe Nice-St-Prex-Dijon et il n'y a pas un nuage. Le lac Léman se dessine parfaitement, puis le lac de Neuchâtel (je suis à tribord!). Les villes et villages sont illuminés en jaune et un rectangle blanc brillant indique le centre de tri postal de Daillens... à 2 km de chez moi!

Arrivée à Bruxelles à 5h30, avec une demi-heure d'avance. Attente et retour sur Genève nous amène à 9 heures: mon collaborateur Jean-Marc Baumgartner m'attend comme prévu.
En mettant en marche mon téléphone mobile, un SMS de ma fille: "Welcome home!". Ça change du "Bonne arrivée!" africain, mais ça fait rudement plaisir!
Gag final et authentique: arrivé à Éclépens, j'ai dû poiroter 20 minutes en attendant que mon fils remonte de Lausanne sur un SOS de son vieux: je n'avais pas de clé pour entrer chez moi... Il n'y a pas de problème.

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Des nouvelles de la campagne de promesse de mil pour le Sahel:
- on m'a déjà promis 7 sacs, de la part de 4 donateurs, merci pour la solidarité;
- en fait, vous l'avez lu, le sac coûte CHF 60.- (et non pas 50.-), c'est dommage pour le symbole mais c'est la réalité;
- j'attends vos promesses de dons jusqu'au 15 juillet, encouragez-vous, après quoi je ferai parvenir la somme à Djibril pour une opération vers fin juillet ou début août;
- je me permettrai de vous tenir au courant de la suite de cette opération et je vous rappelle que tout arrive sur place, sans perte et sans magouille.

Je voudrais vous dire aussi un gros MERCI à tous de m'avoir suivi en pensée dans ce formidable voyage. Les quelques messages personnels échangés avec certains d'entre vous et les contacts que j'ai eus depuis mon retour me prouve combien il est simple de partager des histoires à travers Internet.
Certains ne voient dans ce réseau des réseaux qu'un objet pour autiste complexé, renfermé, voire dévoyé... vous m'avez aidé à démontrer le contraire, sans prétention et en toute amitié. J'ai une chance extraordinaire d'être lu par une bonne centaine de personnes, puisque j'envoie maintenant mes messages à plus de 60 adresses!
Je suis rentré avec plus de 400 photos dont la qualité technique est nettement supérieure à celles que vous avez reçues. Je dois maintenant trouver un peu de temps (ou une aide bénévole?) pour en publier un certain nombre sur notre site Web, mais vu la pile de courrier et la quantité de travail que j'ai récolté durant le périple, ce n'est malheureusement pas pour demain! Je vous tiendrai au courant.

Avec la dernière photo, un petit concours
(sans prix, juste pour s'amuser!):

Que vend-on dans cette boutique de Ouagadougou?

J'attends vos réponses...
... et vous communiquerai la mienne plus tard!

Je vous embrasse toutes, je vous salue tous, et je vous dis...
... à la prochaine fois!
Gilbert Cujean, directeur exécutif
Tél. direct: +41 76 / 588 64 24
--
*> D e l t a L i n k
*> Association pour le recyclage
*> de matériel informatique vers l'Afrique


Date : 8 juillet 2001 14:10:08 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 25 - Juillet 2001 - Dernière
À : gc@deltalink.org

Éclépens, dimanche 8 juillet 2001

Bonjour à tous,

Bonne nouvelle:
Il y a au moins 17 sacs de mil promis par une dizaine d'entre vous que je remercie vraiment du fond du coeur pour ce geste de solidarité et la confiance témoignée.
Comme annoncé, on bouclera la liste dimanche prochain 15 juillet.
Les retardataires sont donc encore les bienvenus! D'ici là, je vous prie de verser la somme de CHF 60.- par sac promis sur le compte de DeltaLink: CCP17-451801-7 avec mention "Mil pour le Sahel". La comptabilité de l'association, dûment contrôlée, offre toute la transparence voulue. Les donateurs seront tenus au courant des opérations sur le terrain.

L'enseigne mystérieuse:
Ceux d'entre vous qui ne sont jamais allés en Afrique ne pouvaient pas deviner... mais réfléchissez: l'analogie entre le petit écran de la TV et celui du gril ou du four n'a pas échappé aux cuistots africains! Surtout qu'ils ont certainement découvert les deux gadgets en même temps. Une touche d'humour, une pointe de dérision et voilà les "poulets télévisés"!
J'ajouterais que regarder un poulet qui grille est certainement plus enrichissant sur le plan intellectuel que suivre le millième épisode de Santa Barbara...

Bien amicalement à tous!
Gilbert Cujean, directeur exécutif
Tél. direct: +41 76 / 588 64 24
--
*> D e l t a L i n k
*> Association pour le recyclage
*> de matériel informatique vers l'Afrique

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