N O T E S   D E   V O Y A G E S

Burkina Faso, octobre 2001 — 11 à 13

... par
Gilbert Cujean

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Date : 3 novembre 2001 15:55:19 GMT+01:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 11 - Octobre 2001 - Bistrot - Boulot...
À : info@deltalink.org

Ouagadougou, vendredi 2 novembre 2001

Bonjour l'Europe,

Mon séjour approche de sa fin, et depuis le départ de Françoise, rien de transcendant à vous raconter...

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Samedi 27 octobre et dimanche 28, en plus de la mise à jour de mon courrier électronique, il y a eu quelques passages dans les bistrot ou maquis avec orchestres: l'ancien Harlem, rebaptisé Le Monde et l'ancien Monde rebaptisé Chez Sabine au gré des changements de propriétaires. On boit un verre, on mange un morceau et on danse un peu pour faire descendre le tout. Le volume de la musique est partout très fort, mais ça déménage et ça bouge bien...

Dès lundi, c'est le boulot et sans vous raconter en détail mes faits et gestes, sachez quand même que j'ai fait des rencontre intéressantes:

  • Un imam président fondateur d'une association islamique d'aide au développement. Par les temps qui courent, il n'y a pas de raison de ne fréquenter que les missions catholiques! Je vais juste vérifier que nos ordinateurs ne partent pas chez Ben Laden, mais je n'ai pas de souci: lui, il a les moyens d'en acheter des neufs!
  • Un ancien député, reconverti dans le secrétariat et le cyber-centre, et dont les locaux sont dans le même bloc d'immeuble que Planète Informatique de notre principal partenaire à Ouaga: H2 Informatique (mais ça n'a aucun rapport!).
  • Un jeune, réceptionniste dans un grand hôtel de Ouaga, qui s'était inscrit comme membre de DeltaLink... et qui m'a payé sa cotisation!
  • Un ressortissant de Guinée Bissau, client du Riviera et gravement handicapé des jambes (polio?), qui est responsable d'un projet international de lutte contre l'onchocercose, ce parasite transmis par une mouche des rivières qui rend aveugle.
  • Le transitaire mandaté pour recevoir la palette de matériel que j'ai envoyée à mon compte (et au nom de Mahamady), pour être éclatée auprès de mes amis au Burkina. C'est pas un cadeau, chacun payera son dû.
  • Un Burkinabè, propriétaire d'un cabinet d'expertise comptable apparemment florissant et qui veut (aussi!) ouvrir un cyber et vendre du matériel de seconde main. Nous avions été brièvement en contact par e-mail en juillet dernier, je ne l'avais pas averti de ma présence à Ouaga... et il a appelé à l'hôtel pour prendre rendez-vous!
  • Notre principal partenaire à Ouagadougou, toujours aussi expéditif, et qui m'a acheté les 28 barrettes de mémoire que j'avais emporté "pour couvrir mes frais". La discussion du prix a été dure, mais finalement tout le monde est gagnant!
  • Mon ami Djibril Koura, responsable d'un projet de développement écologique et d'assainissement de la Croix-Rouge Burkinabè dans le Sahel. Ce projet comprend plusieurs volet dont un de construction d'habitation sans bois, pour lutter contre la déforestation.
  • Ahmed Lamine Savadogo, dont je vous ai déjà parlé, enseignant et directeur d'école, actuellement en fin d'études à l'ENAM (École Nationale de l'Administration et de la Magistrature) et vraisemblablement futur haut fonctionnaire au Ministère de l'Éducation nationale.

Toutes ces rencontres et discussions font partie de cet art de vivre ici où les relations humaines restent privilégiées. On y passe des heures, il est question d'informatique, bien sûr, mais pas uniquement: il y a le développement du Burkina et de l'Afrique, et bien sûr, Ben Laden, les Américains et la guerre en Afghanistan occupent une partie des
conversations.
Dans les maquis, aussi, on sent les gens relativement bien informés (RFI est très écoutée), et l'opinion générale est partout la même: on en a marre des Américains et de leur arrogance, Ben Laden est certainement un salaud, mais ce n'est pas une raison pour assassiner des populations qui n'y peuvent pas grand chose... Il y a des fois où je ne suis
pas très fier d'appartenir à une Suisse toujours plus blochérienne et néolibérale, mais, plus que jamais, je suis assez content de ne pas être Américain... et je pense beaucoup à la minorité clairvoyante de ce pays qui se trouve noyée sous la violence étatique et criminelle de ses dirigeants.

Et puis, on est rejoint par l'actualité: par e-mail et sur le "web", j'apprends que Sabena supprime son escale de Ouagadougou! La date la plus souvent évoquée est le 5 novembre... et j'ai un billet pour le vol du 4!

Lundi, j'avais confirmé mon vol lors d'un passage aux bureaux de Sabena, mais la suppression n'était pas encore annoncée. Jeudi étant férié, ce n'est qu'hier vendredi que je suis retourné voir. On m'a reconfirmé le vol de dimanche soir comme le dernier et cette fois, j'ai un coup de tampon sur mon billet (et quand on sait la valeur des tampons ici!).

Devant moi, une jeune fille avait un billet pour le 28 novembre. On lui a modifié son vol Ouagadougou-Bruxelles en Abidjan-Bruxelles, charge à elle de se rendre à ses frais à Abidjan (plus de FF 1'000.- avec Air Burkina!). On ne parle même pas des formalités, visas, etc.

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Je ne sais pas si j'aurais encore la possibilité de vous adresser un message depuis Ouagadougou, mais de toute façon, ce n'est pas le dernier.

À bientôt donc, amicalement,... et "Inch Sabena"!
Gilbert Cujean
Cellulaire: +226 / 82 58 79 (jusqu'au 4 novembre 2001)
--
... en séjour au Burkina faso. [:-3)=


Date : 4 novembre 2001 15:42:07 GMT+01:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 12 - Novembre 2001 - Bye bye Ouaga
À : info@deltalink.org

Ouagadougou, dimanche 4 novembre 2001

Salut les amis,

Dernière connexion de Ouaga.
On se retrouve pour conclure en début de semaine.
Il y avait foule au pré-enregistrement des bagages, mais c'est bon: j'ai passé 37 kg sans problème!
Je me prépare à assumer la différence de température. Ici, il fait entre 21°C et 36° selon la Météo.

À bientôt sous les frimas (?).
Amicalement,
Gilbert Cujean
--
... en fin de séjour au Burkina faso. [:-3(=


Date : 6 novembre 2001 19:10:31 GMT+01:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 13 - Novembre 2001 - Voilà.
À : gc@deltalink.org

Éclépens, mardi 6 novembre 2001

Bonjour à tous,

Voilà, je suis de retour. Le dernier vol de Sabena au départ de Ouagadougou était évidemment bondé: nombre de voyageurs avaient écourtés leur séjour pour rentrer encore à bon compte (?). En effet, il faut pas croire que tous les gangsters étaient dirigeants de Sabena ou de Swissair: depuis l'annonce de la suppression de l'escale burkinabè de Sabena, Air France a doublé le prix de ses vols! Trois sources différentes et indépendantes les unes des autres m'ont parlé de billets Ouaga-Bruxelles-Ouaga à... FF 9'000.- (oui, neuf mille!).

Au-delà de l'escroquerie de premier niveau, de tels prix risquent d'avoir des conséquences importantes sur la vie du pays: Quels Burkinabè pourront encore se payer un voyage en Europe? Quels Européens pourront encore se payer un voyage au Burkina? Imaginez l'influence à terme sur la formation de pointe, le tourisme, les jumelages et les partenariats de tous ordres. À ce prix là, il est certain que pour ma part, je vais diminuer fortement mes déplacements.

Et la concurrence? Air Algérie fait tellement d'escales (dont Alger, bonjour la sécurité!) avant de quitter l'Afrique que le voyage Ouaga-Paris (ou Lyon) dure plus de 24 heures! Air Afrique vole comme Sabena et Swissair ces derniers temps: une fois oui, une fois non... et la fin est proche!

À ce sujet, j'ai lu dans un journal burkinabè un éditorial où le rédacteur disait que l'Afrique ne risquait en aucun cas un attentat tel que ceux du 11 septembre: D'abord, des immeubles de plus de 20 étages, il n'y en a pratiquement pas sur le continent. Ensuite, imaginez 4 terroristes perdant leurs nerfs à essayer de synchroniser leurs coups, alors que le retard au décollage peut dépasser les 24 heures... quand le vol n'est pas annulé au dernier moment!

Dans tout ça, je tire personnellement mon chapeau au personnel de Sabena, au sol à Ouaga. Ils ont fait leur travail jusqu'au dernier moment, alors que quelques heures après le départ de notre avion ils étaient tous au chômage... vraisemblablement sans indemnité, on est en Afrique, n'oubliez pas!
À l'équipage de l'avion, aussi, qui comme le capitaine l'a dit en arrivant à Bruxelles, avait toutes les chances de se retrouver sans emploi dans quelques jours. On sait depuis lors qu'il avait vu juste. Quelques passagers ont applaudi et nous étions nombreux à la sortie de l'avion à leur dire un mot de sympathie...

Partis avec plus d'une heure de retard, on est arrivés à Bruxelles 40 minutes après l'heure prévue. Je n'ai pas eu de problème pour prendre l'avion de Genève, mais je n'ai pas eu beaucoup à attendre non plus! De mes bagages, par contre, seule la grosse valise de 23 kg a bien suivi, les deux petites se sont égarées à Bruxelles. Ce qui est désagréable, c'est que Sabena étant sans le sou, elle ne paye plus le transport à domicile: le client doit se déplacer pour récupérer ses biens. On vit une époque merveilleuse! ;-)

Mais maintenant, tout est rentré dans l'ordre. J'ai attaqué la pile de courrier, l'activité de DeltaLink est à la récolte de matériel et à la préparation de "Portes ouvertes" pour le 17 novembre, j'attends un partenaire béninois qui passera quelques jours chez nous, bref: j'ai de quoi me réchauffer!

Encore une petite statistique sur le trafic de messages échangés par Internet durant ce voyage (du 12 octobre au 4 novembre, soit 24 jours):
- Messages reçus et conservés: 170
- Messages reçus et effacés (publicités non sollicitées): env. 50
- Messages envoyés (sans "Notes de voyage"): 86
- Messages "Notes de voyage" envoyés: 13
... dont 8 avec 55 photos en tout,
... à 60 correspondants.

Vous voyez que je n'ai pas fait que me tourner les pouces et discuter!
Encore un mot concernant ces "Notes de voyage" que je vous fait parvenir.
Ceux d'entre vous qui ont suivi la série précédente de juin 2001 auront sans doute été un peu déçus par la série qui s'achève aujourd'hui et je les comprends. Mais la découverte de 2 nouvelles capitales africaines, deux vols sur des lignes intérieures, une aventure de 3 jours dans le Sahel sans transports publics, ajoutés à un séjour d'un mois plein, ça ne peut pas être à chaque fois!
Au cours du voyage qui se termine maintenant, j'ai vécu des moments très intéressants et enrichissants, mais difficile à raconter, peu spectaculaires, plus introvertis...

La prochaine fois —si prochaine fois il y a!— ce sera encore différent, alors... qui vivra verra!
Merci de m'avoir suivi dans ce nouveau voyage.
Et n'hésitez pas à me donner vos avis et commentaires!

Bien amicalement,
(... ou plus si entente!)
Gilbert Cujean
--
... de retour du Burkina faso. [:-3(=


 

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