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Tilbury-Anvers-Cotonou, septembre 2013

... par
Gilbert Cujean

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Texte écrit le jour-même ou les suivants, photos du jour, page publiée de Lausanne, le 11 octobre 2013

Samedi 5 octobre 2013 (Cotonou-Lomé par Ouidah)

Il fait relativement beau sur Cotonou. J'aime mieux ça tout de même.

Bagages faits, facture réglée, on attendait «Jo le taxi» pour 10 heures. Il est arrivé avec 45 minutes de retard à cause des embouteillages à l'entrée de Cotonou. On verra un peu plus tard qu'il ne nous a pas menti!

5 octobre 2013
5 octobre 2013
5 octobre 2013
5 octobre 2013
5 octobre 2013
5 octobre 2013

En effet, à peine sortis du centre-ville, on passe un panneau disant «Travaux sur 16.5 km». Il s'agit d'un tronçon qu'on aménage pour être une grande voie avec berme centrale, au moins deux pistes de chaque côté et certainement une bande pour les deux-roues. Les terrassements ont été faits, mais le chantier est quasi arrêté, semble-t-il depuis des mois pour des raisons politico-économiques (on peut supposer qu'une partie des fonds aura été détournée vers d'autres buts).
Toujours est-il qu'on roule sur de la terre battue, détrempée par les pluies d'hier. Les bords de l'artère sont souvent constitués d'une sorte de marge de boue bien liquide d'un bon mètre de largeur et qui doit faire près de 10 cm d'épaisseur. Il vaut mieux ne pas s'y aventurer. À part ça, on roule assez indifféremment sur toute la largeur disponible, sur une des futures voie ou sur les deux, à gauche ou à droite, c'est selon, mais bien entendu dans les deux sens, ce qui fait de deux à quatre files de voitures, entrelacées, presque tressées, au gré du hasard et de la volonté des chauffeurs... car il n'y a pas de signalisation à part quelques injonctions à ralentir ou des flèches «Déviation» qui indiquent une direction qui n'est plus d'actualité!

J'espère que vous me suivez, car aux voitures s'ajoutent aussi les motos, très nombreuses et dont l'agilité des conducteurs permet de se faufiler dans le moindre interstice disponible. Aucune règle n'est respectée et la courtoisie n'est pas un mot béninois. On a vu des voitures couper la route à la file en sens inverse pour tourner alors que la circulation était arrêtée sur la route perpendiculaire. Résultat: 5 minutes de blocage dans les deux sens, car il n'était pas question que ces chauffeurs reculent: d'autres collaient déjà derrière,... et quel déshonneur! Notre chauffeur s'est fait insulter par des motards arrivant en sens inverse, alors qu'on roulait à droite et qu'on les gênait pour passer... à notre droite!

J'ai oublié de citer les poids lourds, qui font évidemment partie du jeu. Et bien sûr, dans cet embrouillamini il y a des véhicules en panne, d'autres arrêtés sur la voie qui déchargent des gens ou du matériel, et pourquoi pas des accidents, donc des parties de route momentanément ou pour «un certain temps» inutilisables...

Au final, c'est une bonne heure qu'il nous faut pour parcourir ces 16.5 km. Le calme et la placidité de notre chauffeur ont été remarquables.

Au-delà de cet enfer surpeuplé, il y a nettement moins de monde, mais énormément de nids-de-poules. Et à voir les nids, les poules doivent être de bonne taille! Quand le trafic le permet, on zigzague entre les plus profonds, quand il y a quelqu'un en face, il faut presque s'arrêter pour franchir ces obstacles en négatif...

Sur la plage de Ouidah,
entre le présent et le passé,
j'ai vite choisi.
5 octobre 2013
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5 octobre 2013
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On fait halte à Ouidah, le principal lieu d'embarquement des esclaves entre le XVIIe (voire avant?) et le milieu du XIXe siècle. Un monument du souvenir est érigé sur la plage: «La Porte du Non Retour», Le lieu est protégé par l'Unesco. Un jeune «guide» nous prend en main presque de force. Il a des tas de choses à dire, mais les mots sont dérisoires face au poids de l'Histoire dont chacun connait les grandes lignes.

Avant cette tournée touristique, on se restaure sous une grande paillote magnifiquement construite et entretenue. La bière passe bien, le riz avec soupe de poisson aussi, le tout servi par une jeune femme énergique et efficace (c'est assez rare pour le souligner!). Et belle en plus.

Sous le même toit, il y avait aussi une équipe de gendarmes en «course d'école». Les pandores béninois, de sortie en civil, étaient évidemment plus béninois que pandores: bonjour l'ambiance! Musique syncopée, danses improvisées, rires et bizutages étaient de la partie.

Au retour de la plage, on passe par le Musée Historique de Ouidah. Le nom est pompeux pour quelques objets assez mal conservés et mal documentés qui se courent après. La visite se fait néanmoins avec un guide qui a bien appris sa leçon... surtout le «n'oubliez pas le guide!» final. Mais on apprend tout de même que l'horreur dans le traitement des esclaves dépassait ce qui est imaginable. Beaucoup d'ailleurs se suicidaient avant d'atteindre les bateaux négriers.

On reprend la route et à la douane, il s'agit d'abord de faire «cacheter» nos visas béninois à la sortie, puis, on paye 20'000 F CFA (presque CHF 40.-) à l'administration togolaise pour deux visas de 7 jours... au lieu des CHF 145.- qu'il aurait fallu débourser pour les faire en Suisse! Toutes ces opérations vont assez vite, sans problème ni véritable attente. Ça nous change de l'arrivée à Cotonou jeudi.

La première ville togolaise après la frontière, c'est Aneho. On passe sans s'y arrêter alors que des souvenirs sont encore bien vivants (octobre 2004), malgré l'absence de tout contacts après les «événements» graves qui ont suivi la mort du dictateur précédent, Gnassingbé Eyadéma, au début 2005.

5 octobre 2013
... et si on faisait in Scrabble ce soir?

Le soleil se couche quand on arrive à Lomé. On retrouve Jean-Jacques et son Galion. Un autre bateau, mais sans eau dessous!

5 octobre 2013

Du coup, on en oublie de faire notre photo-signature du jour, mais pas de soucis, on est toujours en pleine(s) forme(s)!

 

À suivre...
(Rappel: les images sont «cliquables»)

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