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Tilbury-Anvers-Cotonou, septembre 2013

... par
Gilbert Cujean

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Texte écrit le jour-même ou les suivants, photos du jour, page publiée de Cotonou, le 8 octobre 2013

Jeudi 3 octobre 2013 (Arrivée à Cotonou)

À 3h30 du matin, je ne pouvais pas bien dormir (ce qui est extrêmement rare). Un petit coup de GPS me montre qu'on remonte vers le Nord. À tribord, on voit des lumières mais ce n'est pas un bateau. Aux jumelles, je vois qu'il s'agit d'une station pétrolière toute illuminée. C'est vrai qu'on n'est pas loin du Nigeria!

À 7h je monte au poste de pilotage. C'est le 2e officier (bulgare) qui est aux commandes. Toujours aussi sympa et le sourire en coin, il me dit que le pilote est maintenant prévu pour 8h30! On est à une vingtaine de miles de la côte, et on y va: cap 0°. En Afrique les pilotes montent à bord 1.5 ou 2 miles avant l'entrée du port, contre 20 à 25 en Europe. C'est assez tard et un peu dangereux dans la mesure où le trafic est relativement important pour la dimension du port, que l'entrée n'est pas très profonde et que les informations à ce sujet ne sont pas toujours récentes.

3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
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3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
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3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013

On a encore ralenti l'allure, en réduisant le pas de l'hélice et le régime du moteur. Notre bateau traverse une zone d'attente où des dizaines de navires sont au mouillage, avant d'obtenir l'autorisation d'entrer et d'occuper une des 7 ou 8 places disponibles dans ce petit port de Cotonou. L'officier de quart nous dit qu'il s'agit de tanker, alors que visiblement une bonne partie n'en sont pas. J'apprendrai plus tard qu'il s'agit effectivement de «riziers». Une cargaison de riz peut mettre jusqu'à deux semaines pour être déchargée et toutes les places d'amarrage ne sont pas prévues pour cet usage.

Il y a aussi les pêcheurs, seuls ou à deux ou trois sur des petits bateaux pointus, ils sont presque une centaine aux alentours de l'entrée du port. Certains s'aventurent même bien plus au large, avec leur motogodille. Ils ne craignent pas de couper notre route, parfois même assez dangereusement, à peine une centaine de mètres devant notre énorme masse heureusement bien ralentie. Le commandant a tout de même fini par envoyer un coup de corne... et quel coup! On était sur le pont, Françoise et moi à ce moment-là et je peux dire que pour un klaxon, c'est un klaxon qui décoiffe! Dix bonnes secondes d'une telle avalanche de décibels nous ouvre définitivement la voie.

Et on a fini par s'arrêter, le pilote n'arrivant toujours pas. Ce n'est qu'à 10h qu'il est enfin monté à bord, après avoir contribué à faire sortir un porte-containers. La procédure a donc pu reprendre, à la grande satisfaction du Capitaine et du 1er officier qui commençaient à trouver le temps long...

3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013

Le drapeau béninois est dans la mâture, le pilote est à bord, on peut commencer l'entrée dans le port.

Il n'y a que 7m50 d'eau sous le bateau.

La route à suivre est bien précise.

3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013

L'entrée n'est pas si simple, avec un passage à double virage, ce qui protège l'intérieur du port des vagues. On est entré magistralement, sans remorqueur, même si deux d'entre eux veillaient, prêts à intervenir en cas de problème. L'un d'eux s'est appuyé brièvement perpendiculairement à l'avant pour aider l'approche du quai, toujours sur tribord à cause de la rampe-pont-levis.

Il était 11h30 quand cette grosse passerelle a été abaissée et près de midi quand le débarquement a pu commencer. D'abord sortir trois pelles mécaniques et une douzaine (!) de gros camions-bennes battant neufs, pour permettre aux véhicules légers de passer. Et pour ça, il y a foule! Des dizaines de béninois occupent l'entrée du pont 3 où est fixée la passerelle. Ils attendent vraisemblablement «leur» voiture, celle qu'ils ont mission de sortir du port. Car ici il y a peu de places de parc à proximité immédiate. Les véhicules sont amenés on ne sait trop où, mais ça doit être assez loin. C'est une organisation «à l'africaine» et vu de l'extérieur, on ne comprend pas tout. Il doit y avoir des chefs, ceux qui ont les papiers, les chauffeurs qui ont des gilets bleus avec bandes réfléchissantes. Il y a aussi ceux qui ont des sortes de caddies avec une grosse batterie et un estagnon de carburant... on devine pourquoi!

3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013
3 octobre 2013

En ce qui nous concerne, nous devons attendre «l'immigration» qui doit monter à bord, vérifier les passeports et nous autoriser à débarquer. On prend donc le temps de manger alors que notre hôtelier (ami de Jean-Jacques, celui de Lomé) est là et nous attend sur le quai.

À table, on fait la connaissance de l'agent local de Grimaldi et un peu plus tard nous sommes appelés par le Capitaine et lui à la salle de conférence. Le Capitaine est désolé de nous faire attendre mais il est sensé montrer nos passeports à l'administration béninoise des frontières avant de nous les rendre. L'agent de Grimaldi, lui, dit qu'«il n'y a pas de problème» et que le contrôle peut se faire à l'extérieur. Sur ses conseils, le Commandant nous restitue nos papiers et on se dit au revoir et bonne suite de voyage! Il est 14 heures.

On descend par l'ascenseur, aidés pour les bagages par le «messman» et un marin philippin. Au deck 3, terminus vers le bas et accès à la sortie, la porte est fermée par une grille cadenassée: protection contre l'intrusion d'éventuels clandestins! On se retrouve sur le pont-levis, et on attend le véhicule de l'agent Grimaldi. Quelques minutes plus tard, Jean-Claude, notre hôtelier qu'on croyait reparti nous rejoint et nous propose de le suivre. On décommande la voiture Grimaldi et on longe le quai à pied, en tirant nos valises: c'est d'abord le «rizier» voisin du Grande Atlantico en plein déchargement, puis un RO-RO (roll-in roll-off, transporteur de véhicules de la compagnie Abou Merhi Lines (libanaise?). Sur les dizaines de milliers de sacs de riz manipulés à la grue puis à la main, il y en a bien quelques uns qui ont éclaté ou laissé échapper une partie de leur contenu. On marche donc pendant quelques mètres sur un tapis de grains de riz. Étrange impression, mais pour nous qui venons de fêter 40 ans de mariage, ça devrait porter bonheur!

3 octobre 2013

À la sortie du port, on passe sans contrôle, à mon grand étonnement. Je sais qu'on doit faire cacheter nos visas à l'entrée dans le pays, sous peine de problème lors de la sortie. Jean-Claude nous dit que ce n'est pas important... la suite nous montrera que non! Cinquante mètres après la sortie, nous devons présenter nos passeports à un policier qui nous emmène au Commissariat Spécial du Port (sic) où une discussion s'engage avec un officier de police en civil.

Jean-Claude et moi expliquons la situation en détail et le policier veut que l'agent de Grimaldi vienne confirmer les faits, car ce dernier n'a pas annoncé l'arrivée de deux passagers sur le Grande Atlantico. Le Capitaine l'avait fait, mais ce policier n'était semble-t-il pas au courant et voulait visiblement que l'agent de Grimaldi «s'aplatisse» devant lui (ou qu'il lui file un bakchich?). Il a donc appelé ce dernier à se présenter... ce qui nous a bien fait attendre 45 minutes, auxquelles il faut ajouter une bonne demi-heure de tractations entre les deux béninois. Quelles ont été les modalités finales? On l'ignore encore, mais il était passé 16 heures quand on nous a rendu nos papiers, dûment cachetés d'un tampon «Vu à l'entrée».
Jean-Claude a le calme souverain d'un résident en Afrique de longue date. C'est comme notre ami Jean-Jacques un ancien collaborateur de l'OSEO à Ouagadougou dans les années '80. Il a ensuite travaillé en Suisse puis s'est offert une «nouvelle vie» à Cotonou, comme économiste à la Coopération allemande. À la fin de son contrat il a repris à son compte la maison «de passage» où cette organisation logeait provisoirement ses collaborateurs ou visiteurs: le Gästehaus où nous allons passer deux nuits.

Mais pour marquer cette fin de journée animée, rien de tel qu'un bon spectacle... et c'est à l'Institut Français (ancien Centre Culturel Français) que nous le découvrons: une magnifique production de deux jongleurs-danseurs-mimes-clowns, «Circuits fermés» par la Compagnie Defracto (lauréate du prix Jeunes Talents Cirque Europe 2010). Superbe.

Vu l'absence de taxi-voiture et la répulsion de Françoise pour les zémidjans (taxis-motos), on fait 2 fois 20 minutes de marche: la première et bienvenue vraie balade depuis 15 jours.

Ça ouvre l'appétit... et la soif, donc...

3 octobre 2013
Bien arrivés et logés au «Gästehaus» de Cotonou.

 

À suivre...
(Rappel: les images sont «cliquables»)

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