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Burkina Faso, janvier 2009 — 9

... par
Gilbert Cujean

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Séminaire d'information sur le financement
des projets de développement, à Yam Pukri

Ouahigouya, vendredi 30 janvier 2009

Samedi dernier 24 janvier à Ouagadougou, j'étais invité à un petit séminaire d'information organisé par l'association Yam Pukri et Burkina-NTIC. Le thème était le financement des (petits) projets de développement: comment intéresse-t-on les bailleurs, quelles sont les motivations de ces derniers, comment utiliser les NTIC dans ce contexte (Nouvelles Techniques de l'Information et de la Communication, principalement Internet)?

Ajout du 13.2.2009: Voir l'article sur ce séminaire sur le site de Burkina-NTIC.

Après les salutations et une brève présentation de chacun, Sylvestre Ouédraogo, coordinateur et instigateur de Yam Pukri a développé le sujet: l'aide à fonds perdus sur des projets mal ficelés ou voués à l'échec, c'est fini! Le niveau d'information des bailleurs, depuis l'arrivée d'Internet, s'est bien amélioré. Les communications vont plus vite et facilitent les recoupements. Elles augmentent aussi la concurrence entre projets: il faut donc être meilleur pour décrocher un financement. La bonne qualité des projets, la motivation des initiants, leur persévérance et, surtout, la preuve que le projet sera bien géré, sont des éléments capitaux. La plupart des projets peuvent être commencés à petite échelle avec un financement local afin d'en vérifier la faisabilité et la rentabilité. Une fois cette preuve apportée, il sera plus facile de convaincre un bailleur pour étendre l'activité, agrandir l'exploitation ou générer des sous-projets.

J'ai ensuite expliqué comment j'avais pu collecter des fonds auprès de mes proches et relations: par une relation de confiance à base de communication et de transparence. J'analyse le projet et le décrit sur mon site Internet, puis j'envoie des e-mails invitants les intéressés à faire un don. Une fois le budget réuni on peut passer à la réalisation, supervisée par des amis locaux. Tout au long du processus, les informations sur Internet sont complétées en textes et en images de manière à renseigner les donateurs sur «leur» projet... même si tout n'est pas parfait comme à Mouni.

Franziska Kaguembèga, représentante de l'ONG suisse «newTree» a décrit les activités de reboisement de son organisation: acquérir un champ assez vaste (quelques hectares), le clôturer de manière à empêcher les poules, les chèvres, les vaches... et les hommes d'y pénétrer, et laisser la nature faire son travail! On obtient assez rapidement —même ici!— une forêt naturelle. Pour arriver à réaliser de tels projets, il faut beaucoup expliquer, négocier et motiver les communautés villageoises à respecter ces lieux. Les fonds nécessaires à ces opérations sont récoltés en Suisse par un grand effort de communication et de relations publiques. Internet est une vitrine, mais ne remplace pas le contact humain. Une équipe de bénévoles convaincus assure ce travail. Un des principaux bailleur (belge) de «newTree» a été convaincu suite à une entrevue d'une heure entre deux avions à l'aéroport de Zurich!

Un représentant burkinabè de l'OSEO (Oeuvre Suisse d'Entraide Ouvrière) a dit l'engagement de son ONG dans des projets essentiellement scolaires, tels les classes d'enseignement bilingue (langue locale et français). Leur financement vient directement de Suisse (OSEO et DDC), mais les projets sont établis ici. Le soin et la précision dans la préparation de ceux-ci, ainsi que le sérieux du contenu est de la plus haute importance.

Roukiattou Ouédraogo, organisatrice du séminaire nous a présenté quelques sites Web utiles aux auteurs de projets comme aux bailleurs. Des forums de discussions existent, ainsi que des annuaires répertoriant les principaux acteurs de l'aide au développement.

J'ai aussi présenté mon site personnel <www.venoge.ch>, avec les deux volets intéressant l'assemblée: les opérations «Mil pour le Sahel» et mes «Notes de voyages» qui, sans être directement liées à mes projets, constituent un «outil marketing» qui les facilite. Une information simple, authentique ou drôle sur l'Afrique est un bon vecteur de confiance et de sérieux. Les lecteurs de mes Notes sont ainsi mieux préparés à passer à l'acte quand je recherche le financement d'une activité...

Finalement, plusieurs participants se sont exprimés sur le sujet, ont posé des questions et donné leur avis. L'échange a été fort intéressant, tant la provenance des gens était variée: ministères et fonction publique, ONG et société civile, responsables de projets, etc.

Les discussions ont même continué dans la cour où nous fut servi une excellente agape et ce qu'on appelle chez nous «le verre de l'amitié». Un grand merci à Yam Pukri et son équipe pour ce séminaire très réussi, intéressant et bien organisé.

À l'issue du séminaire, Franziska Kaguembèga-Müller (ONG newTree), Rémy Tapsoba (responsable de la vie associative au Ministère de la Jeunesse), Roukiattou Ouédraogo (chargée de la communication de Yam Pukri), Benoît Kaboré (Directeur général de l'ANPE, Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi), votre serviteur et Adama Kaboré (gérant du cybercafé de la SONAPOST à Koudougou).

Toutes les photos: Sylvestre Ouédraogo.

 

Avec le dernier jour de janvier, arrive l'ultime voeux pour l'an neuf:

Voeux n° 9 pour 2009:
Que les petits projets de développement ne soient plus, comme trop souvent, des pompes à finances permettant d'améliorer temporairement la situation de quelques individus plus malicieux que les autres. Qu'au contraire, ils soient générateurs de revenus durables, même pour un nombre restreint de personnes, et qu'ils soient vraiment un pas en avant vers un monde (un peu) meilleur.

À bientôt pour un autre article...

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