N O T E S   D E   V O Y A G E S

Taiwan, octobre 2007 — 5

... par
Gilbert Cujean

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Étrangetés, clins d’oeil et autres chinoiseries...

Images: Taiwan, octobre 2007
Textes: Lausanne, 24 octobre 2007

Pour terminer ces articles concernant Taiwan, voici en vrac, comme elles viennent, quelques spécificités taiwanaises glanées au hasard de nos 12 jours de séjour. En fait, toute une ambiance...

 


Un scooter Swarovski?

Le scooter est LE moyen de transport urbain à Taipei. Il y en a des centaines stationnés partout, plusieurs dizaines à chaque feu où ils ont souvent une zone réservée, devant les voitures.
Alors pourquoi pas un scooter de frimeur (ou plus sûrement de frimeuse!) avec des centaines de brillants?

 


Langage non verbal

Pour acheter des timbres, par exemple, dans l’une des très nombreuses épiceries «7-Eleven», vous montrez l’emplacement sur la carte postale et indiquez «2» avec le pouce et l’index.

Facile! Sauf que la vendeuse vous amène 7 timbres! Il fallait dire «2» avec l’index et le majeur, comme le V de la victoire que les asiatiques font d’ailleurs souvent quand ils sont pris en photos (mais devant, pas derrière la tête du voisin!).

Je ne connais pas la signification chinoise du majeur seul. mais j’ai pas trop osé essayer! ;-))

 

P.S.- Intéressant le nom de la chaîne d’épiceries «7-Eleven» (7-11) qui correspond assez bien à la française «8 à Huit»: petits self-services de quartier à ouverture non-stop du matin au soir. Sauf qu'on n’y travaille apparemment pas aux mêmes heures sur un continent et sur un autre! Pourrait-on appeler ça le décalage horaire culturel?


Des serveuses téléguidées!

Dès qu’un restaurant à plus de 3 serveurs ou serveuses, on se croirait dans une série américaine! Constatation: l’oreillette n’améliore pas la qualité du service qui est souvent très moyenne... alors que les plats sont partout excellents.


Futurs mariés super stars

Croisés par hasard, entre un parc public et une avenue, ces jeunes fiancés et l’équipe photo de leur futur Livre de mariage. À noter qu’on est quand même mieux avec des baskets qu’en talons hauts!

Ici le mariage est une industrie qui marche à fond et qui joue sur la tradition, ou plutôt la mode, d’un événement essentiellement basé sur le «paraître». On voit des rues entières d’entreprises de luxe, qui vendent (fort cher!) leur mariage aux amoureux. Passer par ces professionnels est paraît-il incontournable. Les prestations comportent non seulement un album de photos grand format et très «fashion», mais des livres d’or pour les manifestations, les invitations, les photos souvenir pour les invités, et surtout les 3 robes (louées) de la fiancée pour les fiançailles et LA robe de mariée (éventuellement achetée). Les 30 images de l’album sont choisies entre plusieurs centaines, faites en un ou deux jours, dans des lieux très différents (ville, campagne, mer, studio, etc.) et avec des habits, maquillages et looks les plus divers (tenues de soirée, habits traditionnels, style «top models», ou carrément «rock», «fleur bleue» ou «années folles»). En tous cas, rien de très naturel dans tout ça, mais c’est «tendance» et ça plaît, alors...

Pour ceux qui voudraient avoir une idée de ce que ça donne avec mon fils et sa fiancée, rendez-vous sur son blog à lui, avec des photos d’elle et des photos de lui (pour les autres photos des deux, il faudra vous faire inviter au mariage!).

 


Transport de fonds...

... ou transport de fond puisque effectué tranquillement en métro, par deux gardes débonnaires. Bonne idée: vu les escaliers, escalators, ascenseurs et autres portillons, il serait très difficile pour un voleur de sortir le butin! Sans compter les caméras de surveillance.

 


Un plan à l’endroit, un plan à l’envers

Encore une originalité du métro de Taipei? Je ne suis pas sûr que cette «vision» soit propre au MRT, mais en tous cas à Paris, le nord est tout le temps en haut des cartes. Ici, les plans de stations (et c’est pareil pour les plans du quartier environnant) sont orientés en fonction de l’endroit où ils se trouvent. Les deux plans ci-dessous du premier sous-sol de la station principale, sont affichés l’un en face de l’autre, et j’ai ajouté des croix jaunes à l’endroit où pointent les bulles «Vous êtes ici». L’effet est simple et logique: vous allez vraiment dans la direction que vous voyez sur le plan. Pas besoin du sens de l’abstraction spatiale qui devrait être inné chez les Français. Et à Lausanne? Je ne sais même pas s’il y a des plans!


 

Pour ne pas glisser sur le sol mouillé

La photo n’est pas bonne, vous m’excuserez! Et pourtant, cet objet bizarre, sorte de boîte allongée en inox sur un pied, est présente à l’entrée de tous les lieux publics: métro, supermarchés, hôtels, etc. C’est un «réservoir» à étuis pour parapluies! Nous n’avons pas eu de pluie durant notre séjour (et un seul jour de soleil!), mais il pleut assez souvent et les Taiwanais sont de grands utilisateurs de parapluies. Pour ne pas mouiller le sol et le rendre dangereusement glissant, vous l’enfilez dans un étui en plastique transparent dès votre entrée à l’abri. Et il parait que ça marche! En somme une mesure de santé publique: on distribue bien des préservatifs, le geste est (presque) le même! ;-))


«Si, par hasard, sur l'Pont des Arts,
tu croises le vent, le vent fripon,
Prudenc', prends garde à ton...» landau!
[G. Brassens]

Une partie du métro de Taipei est aérien et les quais, à la hauteur des toits voisins, peuvent être balayés par le vent. Donc... [Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais —ni le mandarin!—: «Prenez soin des landaus car le vent est fort sur le quai»].

Il semble que, comme aux États-Unis, si une poussette tombe sur les voies, on fera un procès au métro. Chez nous, la mère sera poursuivie pour maltraitance.


Étroites les rues!

Certaines ruelles n’ont effectivement pas besoin d’interdiction de circuler ni de parquer!


Feu rouge écolo

Certains feux de signalisation comportent une indication décroissante du nombre de secondes restant avant le passage au vert.

Une excellente idée qui nous motiverait peut-être à couper le moteur au rouge.Malheureusement, à Taipei ça ne semble pas être la préoccupation des conducteurs...


Passage à piéton

Là c’est simple à comprendre, d’un bout à l’autre (cliquez l’image pour l’animer). Très utile aussi quand la traversée est longue et qu’on marche plutôt lentement, comme avec ma mère.


Un scooter à 4 roues

J’ai vu 3 Smart durant mon séjour à Taiwan, et toutes jaune et noir comme la mienne! :-))

 


Un homme sandwich libéré?

Recto et verso d’une publicité «humaine» à un carrefour.
Est-ce plus agréable d’être une saucisse hors du sandwich que dedans?

 


On pêche en ville

Lors d’une balade en ville, j’ai été intrigué par une sorte de grand hangar sombre, au coin d’une rue. Je m’approche pour découvrir... une sorte de pêcherie en bassins, comme on en trouve parfois chez nous, mais dans la nature. Ici, en pleine ville, à moitié sous un pont d’autoroute, on vide dans ces bassins de pleins paniers d’écrevisses ou de poissons (des carpes?), et des pêcheurs tentent leur chance.

Me voyant prendre des photos, une joyeuse équipe de fêtards m’a invité à boire une bière et goûter leur poisson, grillé sur place et excellent. Pour le dialogue? Les gestes et l’intermédiaire sympa mais timide d’une adolescente qui apprend l’anglais à l’école.

 


Super WC

J’ai rapproché ces 2 photos assez peu artistiques mais significatives:

 


D'abord, un WC public dans le métro, ou un adulte pris d’un besoin naturel mais accompagné d’un bambin, peut attacher ce dernier sur un siège spécialement conçu à cet effet, pendant qu’il poursuit son oeuvre. À noter la propreté impeccable des lieux.


Ensuite, les WC de notre chambre d’hôtel, avec téléphone à portée de main! Au cas où...

 


Dessines-moi un occidental!

Si on vous dit de dessiner un chinois, vous penserez immédiatement au chapeau pointu et aux yeux bridés. Eh bien, le chapeau de feutre et la pipe sont les attributs symbolisant le mâle occidental (ici un panneau désignant un urinoir!).

Ah, les stéréotypes! Peut-être réducteurs, mais plus faciles à déchiffrer que le mandarin... surtout en cas d’urgence!

 


Be[ethove]nne à ordures!

Incroyable: Ce camion-benne à ordures sillonne les rues à longueur de journée, en diffusant à plein volume et en boucle les premières mesures de la Bagatelle n°4 en La mineur WoO 59, «Für Elise» de Ludwig van Beethoven (on a de la culture ou on n'en a pas!).

On l’entend distinctement dans le trafic, à plus de 200 mètres et je suppose que le chauffeur et les servants ne portent même pas de tampons auriculaires! L’avantage du système est que les gens entendent venir le camion et amènent leurs sacs à ordures juste au bon moment. Pas de dépôts anticipés gênants pour la circulation et attractifs pour les rats!

Le camion blanc qui suit est consacré au recyclage: une personne répartit immédiatement les déchets qu’on lui présente: cartons, plastiques, métaux, etc. dans des contenants différents.

 


Quelques notes sans image:


Notre hôtel n’avait pas de 4e étage. Le chiffre 4 est un peu le 13 des chinois: synonyme de malchance. Le chiffre porte-bonheur est le 8.

***

Les gens sont très serviables et plusieurs fois des personnes parlant un peu d’anglais sont venues spontanément à notre aide dans des cas de difficultés de communication. Mais on ne voit aucune indication du type «English spoken» à la devanture des commerces!

***

L’immense majorité des enseignes qui sont très nombreuses dans les rues ne sont formées que de mots ou de noms écrits en mandarin. On ne voit quasiment pas de logos ou de pictogrammes, ce qui rend par exemple la recherche d’un restaurant très difficile pour nous: on ne le repère pas de loin, il faut passer devant.

***

Le 17 octobre à 22h45, nous venions de rentrer à l’hôtel (chambre au 7e étage... moins le 4e!) quand le sol s’est mis à bouger. Légèrement, mais bien réellement, pendant une dizaine de secondes (?) nous avons vécu une petite secousse tellurique. Juste le temps de se demander quoi faire dans ces circonstances... et de laisser la réponse à la prochaine fois!

***

Une question que je suis fier d’avoir posé à Li-Chin est «Comment fait-on une recherche dans un dictionnaire chinois?». En effet, le mandarin étant formé d’idéogrammes et non pas de lettres, il ne peut être question d’ordre alphabétique. Eh bien, le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas simple. Il y a même des concours populaires sur le sujet, avec prix à la clé!
En fait, plusieurs index du dictionnaire mènent au «corpus». Un des index est basé sur la prononciation, supposée par analogie, si on ne connaît pas la signification du signe, ce qui pourrait bien être le cas quand on le recherche dans un dictionnaire! Ensuite, on recherche dans un groupe de signes rangés un peu n’importe comment (?).
Un autre index est basé sur la manière de dessiner l’idéogramme: il peut être formé de 1, 2, 3,... 12 traits ou même plus. Là on pense à quelque chose de plus rationnel. Et bien ce n’est pas si simple pour autant, car un idéogramme à 4 traits que j’avais choisi au hasard comme exemple, était en fait composé de 1 trait et de 3 traits (comment on le sait? mystère!), donc à chercher dans l’index sous 1 trait, puis sous 3 traits à l’intérieur du groupe 1 trait... Élémentaire mon cher Watson! Et il y a peut-être encore d’autres index...
Toujours est-il que des 2 idéogrammes que j’avais pris pour tester la méthode, un seul a été trouvé dans l’un des 2 dictionnaires à disposition, et au bout d’une demi-heure de recherche, par Li-Chin, une de ses soeurs et la fille écolière de celle-ci. Et je ne vous explique pas les discussions entre les 3 chercheuses!

***

Voilà. Je me devais de clore ces quelques articles par un dernier bouquet de souvenirs de Taiwan. Cette expérience a été pour moi très intéressante par le côté inattendu de beaucoup de choses. Parfois étrangement proche de l’Afrique, parfois ultra-occidentale, souvent propre (à tous les sens du terme!), l’ambiance de notre aventure taiwanaise a été agréable de bout en bout.

Merci à celles et ceux qui m’ont lu jusque là.

N’hésitez pas à !

Et à bientôt peut-être pour de nouvelles aventures!

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