N O T E S   D E   V O Y A G E S

Burkina Faso & Mali, mars 2007 — 5

... par
Gilbert Cujean

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ONG Prométhée: État des lieux...

Mopti, Mali, vendredi 16 mars 2007

Me voilà donc à pied d’oeuvre depuis dimanche dernier. Ma mission au nom d’IDL auprès de l’ONG Prométhée comporte plusieurs facettes: la mise en service de quelques ordinateurs, l’installation d’une imprimante, des conseils divers en relation avec l’informatique (organisation, maintenance, vente du matériel excédentaire), l’analyse de faisabilité d’un projet, etc. L’ONG est avant tout active dans le domaine du micro-crédit. Elle prête de l’argent aux associations féminines des villages pour leur permettre de développer les activités commerçantes de leur membres.
Ma première «tâche» est évidemment de faire connaissance et de comprendre la situation actuelle. En ce qui concerne les personnes, c’est pas trop compliqué. J’ai déjà parlé de Oumar le jeune chauffeur et de Kodio, responsable du micro-crédit et homme de terrain. Il y a aussi Kass, le coordinateur (en fait directeur, également enseignant dans un lycée privé de Mopti); Dolo, le responsable administratif; Mariam, la secrétaire; Hamidou, le stagiaire; sans oublier Maïga, le président, prof de chimie en retraite. (Ici, on appelle certaines personnes par le prénom ou le surnom, d’autres par le nom de famille, je fais de même.)

Et puis, il y a la situation —sur les plans informatique et organisationnel uniquement—, et là on commence à déprimer sérieusement: personne n’a vraiment de connaissances de base, ce qui fait que de «tu fais comme ça» en «il faut faire comme ça», et passé par le relais de 3 ou 4 personnes, on se retrouve avec des aberrations incroyables. À plusieurs reprises, j’ai demandé à la secrétaire de me répéter une opération ou une autre pour être bien sûr que je n’avais pas rêvé: un seul document contenant tous les PV des séances d’une année (assurément plus de 100!); la saisie des données de chaque opération de remboursement des micro-crédits répétée dans quatre feuilles Excel; l’ouverture systématique par double-clic du même document Word ou Excel, uniquement pour lancer le programme, document que l’on referme immédiatement pour ouvrir celui sur lequel on veut travailler; les noms de documents et de dossiers sans aucune systématique et souvent même pas mnémoniques; etc. Et ne posez pas la question «Pourquoi faites-vous comme ça?», la réponse sera du genre: «Bon,... voilà,... c’est vous qui allez nous expliquer tout ça!».
Par ailleurs, la sécurité des données n’est pas assurée. La panne d’une machine peut provoquer la perte de précieuses informations.

En parallèle à cette analyse pas très encourageante, je me suis résolument engagé dans le concret: la préparation des PC arrivé par le container. Hamidou le stagiaire (juste raté le bac, dommage!) et Oumar le chauffeur (à peine alphabétisé) font une bonne équipe. Ils sont maintenant quasi capable d’installer Windows et les logiciels de base sans assistance! Encore un peu d’exercice et ce sera bon.
Au passage, on a conclu un abonnement Internet (un peu fastidieux, mais on n’a pas eu besoin d’aller à Bamako: 1’300 km de gagné!); j’ai mis en service un fax qui n’a plus de ruban encreur mais qui peut émettre, ainsi que l’imprimante que j’ai amenée de Ouagadougou; et vendredi soir, on a déballé 3 rétroprojecteurs qui faisaient partie du container d’IDL.

Sur l’image, un condensé de la semaine: un coin technique/informatique aménagé tout exprès, avec un bureau à tiroirs et un PC destiné à devenir serveur (à gauche au fond), l’imprimante laser Kyocera neuve amenée de Ouagadougou, une pile de PC à vendre (Pentium II), un rétroprojecteur en fonction avec un message de Kass que déchiffre Oumar, et au premier plan le PC de Dolo. Je vous explique pas le nombre d’heures de travail (et de palabres) pour en arriver là!

À part ça, la chaleur est arrivée, même assez brusquement depuis jeudi. Alors que les nuits étaient fraîches jusque là (25°C environ à l’extérieur) et que j’appréciais d’être couvert en fin de nuit, depuis hier la température est montée de plusieurs degrés et je laisse le brasseur (ventilateur plafonnier) en marche toute la nuit. Au moment où j’écris ces lignes, à 23h, il fait 34° dans ma chambre et le petit ventilateur USB de mon ordinateur rempli parfaitement son rôle!

Vue du Bani, affluent du Niger à Mopti.
L'arrièpre-plan flou est dû à la poussière soulevée par l'Harmattan, vent d'est continu à cette saison.

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