N O T E S   D E   V O Y A G E S

Burkina Faso & Mali, mars 2007 — 2

... par
Gilbert Cujean

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Un début de voyage sans histoires

Ouahigouya, Burkina Faso, le 8 mars 2007

Me voici donc arrivé à Ouagadougou le lundi 5 mars, par l’avion d’Air France, vers 21h. Température au sol 29°C, un passage en douane sans ouvrir mes bagages, et mon ami Djibril et Rouki son épouse qui m’attendaient...

À propos des bagages qui sont un problème récurrent pour moi —je ne sais pas voyager léger—, et alors que j’avais droit à 2 fois 23 kg sans tolérance, la pesée a donné 23 kg et 22 kg 600! Bon, j’ai «perdu» 400 grammes, mais j’avais à la main ma mallette avec l’ordinateur (env. 10 kg) et dans le dos un petit sac avec... 3 kg de pommes pour les amis.

Je ne dirai rien du vol (Air France c’est quand même autre chose que l’Afriqyia de Kaddafi avec ses sbires et son eau fraîche!), mais je recommande à tous ceux qui le peuvent d’imprimer leur carte d’embarquement la veille du voyage par Internet. On peut choisir sa place, mais surtout on enregistre ses bagages à un guichet spécial où il n’y a pas de queue! Pareil à Paris-CDG où j’aurais dû refaire la file parce que j’ai eu l’idée saugrenue de vouloir passer du terminal 2F au 2C à pied. ça fait pas 500 m et ça va certainement aussi vite qu’en navette, mais quel dédale! Et j’ai dû demander mon chemin 2 fois (alors que j’avais un plan, mais illisible pour un piéton), passer un contrôle de passeport et faire bien gaffe de ne pas me perdre. Comme quoi l’aventure est à la portée de chacun! Qu’est-ce que je vais foutre en Afrique?

J’ai consacré toute la journée du 6 à mes relations ouagalaises. Multiple coups de téléphones (ma carte SIM Telecel de juin 2006 fonctionne immédiatement, sans déblocage coûteux), visites et discussions, voire négociations... journée dense mais fructueuse.

Au détours d’une rue, dans le quartier très animé de la gare routière STMB, j’ai croisé deux doux dingues, armés chacun de 2 cercles en acier qu’ils frappent l’un contre l’autre à toute vitesse, en chantant et mimant une sorte de danse rituelle. Habillés en femme, avec de grosses lunettes alors qu’ils ne doivent pas en avoir besoin, il parcourent les rues, en quêtant quelques pièces auprès des commerçants et des très rares touristes. Très drôle et rafraîchissant: une bouffée d’humour dans une ambiance générale toujours assez grave.

J’ai préparé mon déplacement à Ouahigouya (réservations de car, d’hôtel et... d’amis motorisés), j’ai passé un bon moment avec mon ami Sylvestre de l’ONG Yam Pukri et son centre de formation YamNet (voir l’article du 23.6.2006: «L’Afrique qui dort... l’Afrique qui veille»), j’ai bu un pot avec Salam, le pharmacien de Pissy et je suis allé voir le principal (ex-)client de DeltaLink. En 2 heures, je lui ai acheté une imprimante laser (on en reparlera!), je lui ai vendu 90 barrettes de mémoires pour PC (prix bas, mais c’est le solde des soldes de DeltaLink!), il m’a réglé la dernière facture de DeltaLink en suspens, et nous avons soldé les comptes. Le contact avec le patron de H2i est toujours un plaisir, la discussion est serrée, mais finalement on s’est toujours entendu... à l’avantage des deux!

***

Et puis hier, j’ai voyagé à Ouahigouya, avec mes 2 valises, ma mallette... et l’imprimante laser! Avec plus de bagages que de mains, c’est le déplacement à l’africaine: on fait plusieurs allers et retours ou, le plus souvent, on a recours à des porteurs. Heureusement, c’est pas ça qui manque, mais il faut avoir des pièces en poche, car les opérations vont vite et il vaut mieux ne pas avoir à attendre sa monnaie.

***

Ouahigouya comparé à Ouaga, c’est le paradis et l’enfer! On sort de la pollution des gaz d’échappement, de l’excitation et du trafic dément de la capitale pour se retrouver dans une ville à la campagne où l’air est pur (même s’il y a autant de poussière à cause de l’Harmatan!). Les gens sont calmes et paisibles, les amis sont là... et on a l’impression que la bière est encore plus fraîche!

À peine arrivé, il y avait en effet Sayouba avec sa voiture et Abdoulaye, puis Aly, puis ensuite Mariam et Hamidou, Lizeta et Farida. L’hôtel Colibri est semblable à lui-même, acceptable, mais malheureusement sans progrès notable. Fatigue du voyage et prévision des muezzins à partir de 4 h du matin m’ont fait coucher tôt... et pour les voix d’Allah, j’avais bien prévu: ils ont encore augmenté le volume des amplis depuis la dernière fois et s’y mettent à 2 ou 3 pour se répondre!

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Aujourd’hui 8 mars 2007: «Journée internationale de la femme».
Il y a quelques années, certains insistaient pour dire «Journée... des femmes», ce qui change légèrement le sens et fait plus pragmatique et solidaire, moins dogmatique ou philosophique. Toujours est-il (pourquoi pas «elle»?) que le Burkina Faso n’est pas en reste, puisque ce jour est férié depuis 1984 (époque de la révolution). Sous Sankara, le 8 mars les hommes devaient aller au marché et préparer le repas! Si ce n’est vraisemblablement pas une des raisons principale de son assassinat, cette action n’a toutefois pas duré sous le nouveau régime et il est possible qu’aujourd’hui quelques familles de militantes n’aient pas grand chose à se mettre sous la dent!

Ici à Ouahigouya, une petite manifestation a eu lieu à la Place de la Révolution: discours tranquille de Maire, en français, discours nettement plus accrocheur, voire harangueur par le ton et en morré, de la présidente de l’Association de femmes A.M.M.I.E.S. qui est aussi députée... et ça s’entendait! Puis défilé des associations de femmes, au pas, bien marqué par une musique militaire enregistrée, du plus pur style claironnant à la française! L’ensemble de la manifestation était bien entendu encadré par la police et des véhicules de l’armée étaient stationnés non loin de là...

... et à l’autre bout de la place, le sinistre Monument aux Morts, en catelles blanches qu’on ne voudraient même pas dans notre salle de bain. Il y a des coups de trax qui se perdent!

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