N O T E S   D E   V O Y A G E S

Togo, avril et octobre 2004 — 15

... par
Gilbert Cujean

( )

Première note

Note précédente

Index

Note suivante

Vacances, amitiés et anecdotes (envoyé comme e-mail)

Ouagadougou, le 5 novembre 2004
Complété à Lomé, le 6 novembre 2004

Bonjour,

Comme prévu, mon séjour au Burkina Faso a été consacré... aux vacances! En fait, j'ai passé 3 jours à Ouagadougou, puis 3 jours à Ouahigouya (nord, Sahel) et enfin une dernière nuit à Ouaga et je reprends l'avion pour Lomé cet après-midi. Durant cette semaine, j'ai eu du temps à consacrer à mes amis, à discuter (ici on dit "échanger"), à partager des pots ou des repas, à me promener (ici un blanc à pied fait figure d'extraterrestre!), à faire quelques photos, à observer la vie, à faire des achats (j'adore négocier les prix!)... Bref, la vie peinarde après l'excitation des semaines précédentes, et... la chaleur, la vraie, enfin! Je me sens effectivement beaucoup mieux au sec à Ouahigouya par 40°C, qu'à Lomé où il fait environ 10°C de moins mais une humidité très élevée.

À part ça, ces vacances auront été sans histoire(s), donc sans Notes de voyage! Pas de saga ou d'aventure originale à vous raconter. Mais quand on est bavard, c'est si dur de se retenir que je vais tout-de-même vous pondre quelques anecdotes, réflexions ou citations, comme ça en vrac, sans liens entre elles... mais toutes authentiques, bien sûr.

---
De nuit, en voiture avec un ami prof à l'Uni de Ouaga et animateur d'associations consacrées au développement et aux nouvelles technologies. Sur un carrefour mal éclairé, on évite un cycliste quasi invisible. "Tu vois ce type, il n'a pas de lumière à son vélo et s'il a un accident il dira que c'est Dieu! On ne peut pas construire l'Afrique comme ça..."

---
Pour information, ce même prof donne son cours d'économie devant un auditoire de... 800 étudiants! "Ceux du fond ne peuvent même pas lire le tableau noir! Alors je met mon support de cours à disposition, ils le copient à leur frais et je me borne à commenter le document." On comprend la frustration de ce jeune prof qui ne peut pas vraiment entrer en relation avec ses élèves... et se consacre par ailleurs à tout un travail associatif et de formation en entreprise extrêmement intelligent et efficace.

Note ajoutée lors de la transcription sur le site: Il s'agit évidemment de Sylvestre Ouédraogo, fondateur et animateur des associations Yam-Pukri et Burkina NTIC. On en reparlera dans ces Notes de voyages!

---
Lu ce slogan à l'arrière de certains car de la compagnie Sogebaf: "Le retard vaut mieux que l'absence".

---
Ouahigouya, Hôtel Liberté. J'ai logé là 3 nuits et chaque matin, je prenais un petit-déjeuner: Nescafé au lait, pain, beurre et éventuellement confiture. Eh bien chaque matin, y compris le 3e, on attendait que je passe la commande pour envoyer quelqu'un acheter le pain à 200 ou 300 m de là!
Pour le Nescafé en self-service, il y a un pot "thermos", et le deuxième jour, j'ai d'abord eu droit au pot de la veille —donc froid!— avant que la bourde soit réparée... Il n'y avait pas foule dans l'auberge, d'accord, mais ces petits faits sont caractéristiques.

---
À Ouahigouya encore, on construit un immense pylône, vraisemblablement pour y fixer des antennes de téléphonie mobile ou/et de TV. On en est bien à une centaine de mètre de hauteur et c'est impressionnant de voir les monteurs (voltigeurs?), agrippés tout là-haut. Quelles mesures de sécurité? Ont-ils des harnais? Peut-être, c'était trop haut pour vérifier!

  

---
Toujours à Ouahigouya, le Maire a été destitué et une enquête est ouverte contre lui... Il ne méritait que ça: propriétaire du Colibri, l'hôtel où j'ai logé très souvent, il s'était conduit comme un négrier (!) par rapport au personnel, finissant par licencier tout le monde sans indemnité, mais aussi sans payer la totalité des salaires. Ce magouilleur n'aura pas fait illusion très longtemps. Il semble qu'il ait été dénoncé par des membres du Conseil municipal...

---
Durant ma semaine au Burkina —et c'était un hasard— deux événements marquant avait lieu: le SIAO (Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou) et le Tour du Faso, épreuve cycliste, à ma connaissance unique en Afrique.
J'ai visité le premier et me suis régalé à négocier des petites statuettes anciennes (?) en bronze chez des "antiquaires". On trouve de tout au SIAO, des textiles aux produits pharmaceutiques traditionnels, des bijoux aux créations picturales. De nombreux acheteur professionnels venus d'Europe négocient des marchés de gros et les touristes comme moi sont tout aussi appréciés (car plus facile à gruger?).
Quand au second, j'ai vu passer l'avant dernière étape devant mon hôtel à Ouaga: 190 km environ, de Ouahigouya à Zignaré, par 40°C sous abri! Et je peux vous dire que ça roulait vite, à une dizaine de km de l'arrivée. Sans ressembler à des VTT, les vélos ont l'air nettement plus solide que ceux du Tour de France... mais la caravane se résume à une vingtaine de véhicule, précédés par les incroyables motards de la police, toutes sirènes enclanchées, debout sur leurs engins à 50 km/h pour écarter la foule!

---
Trajet en car Ouagadougou-Ouahigouya et retour, avec la Sogebaf; 180 km, 3 h environ.
Aller: petit car de 25 places (en Europe 18?)... plus de 40 personnes.
Retour: grand car de 80 places (50 en Europe)... plus de 100 passagers dont certains avec bagages tels qu'un fût en plastique de 50 litres, par exemple!
Dans les 2 cas, en me présentant 45 minutes avant le départ, j'étais de loin le premier voyageur à réserver une place (la meilleure), mais on était quand même un peu serrés!

---
Voyage en avion Lomé-Ouagadougou et retour, avec Air Burkina. Le Focker biréacteur d'une centaine de places fait des rotations dans la sous-région et notamment Ouaga-Lomé-Cotonou-Ouaga un jour sur deux et Ouaga-Cotonou-Lomé-Ouaga le lendemain. J'ai voyagé deux vendredis avec le second itinéraire: à l'aller c'était direct Lomé-Ouaga et au retour, hier soir, via Cotonou.
Hier, donc, après une heure de vol, la cheffe de cabine annonce que nous allons descendre sur Lomé-Tokoin et qu'il faut attacher sa ceinture. Il est 18h, il fait déjà sombre. Chacun pense à un lapsus, c'est à Cotonou que nous allons. On se pose 20 minutes après et nouvelle annonce, en français et en anglais: "Bienvenue à l'aéroport international de Lomé-Tokoin. Température aux sol 27°C. Les voyageurs pour Cotonou sont priés de rester à leur place. L'équipage vous souhaite un bon séjour au Togo. Veuillez rester attachés jusqu'à l'arrêt total de l'appareil", etc. L'annonce est répétée une seconde fois à l'arrêt des moteurs... À la demande de quelques incrédules, la cheffe de cabine confirme même oralement...
J'ai vu de l'orage durant le vol et nous avons traversé une légère turbulence. Aurions-nous changé de destination pour éviter un coup de tabac? Les passagers pour Lomé, dont moi, se lèvent hilares en souhaitant bonne fin de voyage à ceux pour Cotonou! On a gagné une heure sur le trajet... jusqu'à ce que les haut-parleurs nous arrêtent dans ce joyeux élan: "Excusez-nous, Mesdames et Messieurs, nous sommes à Cotonou. Température au sol 27°C. Les voyageurs pour Lomé sont priés de rester à leur place. L'équipage vous souhaite un bon séjour au Bénin..." Éclats de rire et déception, nous reprenons place et ceux de Cotonou se lèvent et sortent triomphants! L'incident est clos.

---
Et pour la bonne bouche: cette banderole d'un tradipraticien. Sans commentaire, mais à observer attentivement!

---
Merci de votre fidélité. En espérant ne pas vous avoir trop ennuyé et avec mes meilleures salutations,
Gilbert Cujean
... en voyage en Afrique
[TogoCel: +228/932 46 56]

Votre commentaire:

N'hésitez pas à me donner votre avis, il ne sera adressé qu'à moi et je ne le publierai pas. Je me réjouis de vous lire!    gc
P.S.- Signez votre message, svp.

Votre adresse de courriel:
(facultative, pour une réponse éventuelle...)

    

© 2008-2015 by Gilbert Cujean — www.venoge.ch

Haut de page