N O T E S   D E   V O Y A G E S

Togo, avril et octobre 2004 — 12

... par
Gilbert Cujean

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Tentative de vol... (envoyé comme e-mail)

Lomé, jeudi 15 octobre 2004

Bonjour, ça va?

Pour moi, ça va! La discontinuité dans la rédaction et l'envoi de mes Notes est due au manque de temps. D'accord, on est dans un pays "qui a le temps", mais ici toute action, la plus simple fut-elle, est énormément consommatrice de ce temps... on dit ici "ça dure depuis fatigué": pas besoin d'être Togolais pour comprendre!
[...]

Le lendemain de mon précédent message, soit mardi 12, rendez-vous avec Monsieur Robert à 9 h au parc Consulvit (sic) où se trouve notre camion. Là, surprise, doute et soupçons: la porte du camion a été forcée!

La subtile fermeture du propriétaire ne l'était pas tant, et le fait est là. La plate-forme élévatrice qui fait office de porte est légèrement entrebâillée, il y a des marques de pied de biche sur le cadre, et on peut voir quelques désordres à l'intérieur, mais le camion est toujours plein.

Tout de même, les 2 dernières palettes qui ferment l'arrière du camion pèsent environ 1'000 et 600 kg, et il faudrait les soulever d'au moins 5 cm pour les déplacer à cause d'une particularité du camion...

Une fois récupéré les clefs du véhicule, on peut déjà constater que le système hydraulique fonctionne et on peut ouvrir doucement la porte en retenant quelques objets "bousculés". Première constatation: il ne manque dans tous les cas pas grand chose. Seconde constatation: on a effectivement visité le chargement, nos cartons forts sont solides, mais plusieurs cerclages ont été brisés et des cartons éventrés. Mieux, quelqu'un (un gosse?) c'est faufilé par-dessus les cartons jusqu'à la seconde palettes, alors que le passage fait moins de 30 cm de haut et qu'il était au départ plein de matériel en vrac!

Et malgré cela, rien ou presque rien n'a disparu... bizarre? Un "voisin", propriétaire d'un véhicule à quelques mètres du nôtre nous explique "qu'il y a quelque chose qui bouge dans le camion" (?). Il dit que c'est peut-être une bête parce que "ça souffle" (??).

Je m'aperçois alors qu'un gros onduleur (appareil à batteries contre les pannes de courant) que j'avais placé en tout dernier dans le camion avant de refermer la porte, est en marche, et fait sporadiquement tourner ses ventilateurs et produits quelques tic-tac et autres bips ou voyants lumineux. À y regarder de plus près, des traces de boue montrent clairement que les voleurs sont montés debout sur cet appareil (qui pèse 70 kg!) pour voir par-dessus les colis. Il y a certainement eu pression d'un pied sur l'interrupteur et... imaginez la scène:

On est en pleine nuit; il n'y a pas de bruit dans ce parc gardé; nos chenapans, presque assurément en complicité avec quelques gardiens, ont débloqués la porte en silence et l'ouvre un peu; les plus minces se glissent dans la faille mais le chargement est bien trop compact pour aller plus loin; on grimpe alors sur un premier objet pour aller voir plus haut; et tout-à-coup le monstre se met à souffler et cliqueter... encore de la magie blanche! Et je vois bien nos cambrioleurs partir en courant dans la nuit, laissant aux gardiens complices le soin de refermer tant bien que mal cette foutue porte...

 

Les gardiens, justement, ils ne font pas les malins. Après avoir prétendu que l'effraction avait eu lieu au port, avant l'arrivée sur le parc Consulvit —manque de chance, nous avions constaté l'absence de dégâts vendredi, photos à l'appui, et le camion n'a pas bougé depuis— ils ont tenté des explications plus que fumeuses. On a décidé de ne pas insister, car si on faisait du pétard, ils seraient à coup sûr virés aussi sec.

Charly M[...] (d'Échallens!) est au volant pour sortir du parc. Cet expatrié remarié à une Togolaise n'est pas rentré en Suisse depuis de nombreuses années, mais son permis poids lourd est toujours valable. De plus, il est calme et précis. C'est qu'il s'agit de ramener le camion devant Graphic Import, sur une colline résidentielle surplombant Lomé, et les routes sont dans un état catastrophique.

La saison devrait être sèche, mais il a plu ces derniers jours à Lomé, et passablement (encore un coup de el Niño?). Certaines rues sont carrément sous l'eau et des trous impressionnant jalonne toute la ville. Depuis mon dernier passage en avril, je peux constater la différence et aucune mesure officielle n'est prise. Ce qui n'empêche pas la démerdise: des jeunes ont comblés certains trous avec des cailloux ou guident les véhicules lorsque ces trous sont immergés... et ils tendent la main pour une pièce de 100 F CFA!

Notre route n'est pas évidente: nous avons passé la douane sans vider le camion, reste à ne pas se faire arrêter par la "volante"... surtout que le camion n'est pas encore immatriculé au Togo. Pour arranger le tout, la seule voie autorisée au plus de 10 tonnes, pour monter sur la colline de Tokoin-Hôpital est complètement détruite par l'eau.

Une reconnaissance nous a montré qu'aucun écriteau ne limite la rue de la Libération à la montée, mais nous n'avions pas remarqué que pour la descente, les panneaux sont bien là: dans l'autre sens ils ont donc été cassés (ou enlevés par les flics pour se faire un peu de cash!) et... on se fait évidemment arrêter par une patrouille de police. L'assistant de notre transitaire qui est à bord du camion, négocie le passage pour 10'000 F CFA, et quelques fondrières plus tard nous arrivons à Graphic. On va enfin pouvoir tranquillement mesurer les dégâts et vider le véhicule...

Mais c'est tout pour aujourd'hui, bonne nuit et à la prochaine!
Cordialement,
Gilbert Cujean
... en voyage en Afrique
[TogoCel: +228/932 46 56]

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