N O T E S   D E   V O Y A G E S

Togo, avril et octobre 2004 — 10

... par
Gilbert Cujean

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Espoir à Lomé (Togo) [bis] (envoyé comme e-mail)

Lomé, vendredi 8 octobre 2004

Bonjour à tous,

D'abord, si vous n'avez pas compris le titre de mon dernier message, ne culpabilisez pas: je pensais vous parler de l'Association DeltaLink... et l'heure tardive en a finalement décidé autrement!
Donc cette fois-ci, le titre est correct.

La situation de l'Association DeltaLink n'est pas précisément celle que j'espérais il y a un peu plus d'une année. Depuis la fin 2003, le manque chronique de liquidités nous a obligés à supprimer les postes permanents et à les remplacer par du travail occasionnel, payé à l'heure, quand des "affaires" donc les fonds le permettent. Comme le Comité l'a expliqué à la dernière Assemblée générale, cette situation est due à l'irrégularité et à la baisse des commandes venant d'Afrique. Ces perturbations ont plusieurs causes qui se cumulent négativement: le coût élevé de la main d'oeuvre suisse, le faible pouvoir d'achat de nos clients, les coûts et la durée du transport, l'exigence de payement d'avance, donc 1 à 2 mois avant de recevoir et donc de voir la marchandise, les quantités minimales (env. 8 PC complets) dues à notre mode d'emballage, les déstabilisations locales dues à des guerres (Côte d'Ivoire, etc.), la crise générale qui se ressent même en Suisse... Il y en a bien assez!

    DeltaLink et son Comité entendent répondre par deux actions à cette crise, et ce sont là nos deux Espoirs:

  • Espoir en Suisse, nous essayons de trouver un support financier et stratégique en recherchant la collaboration d'une entreprise d'insertion, par exemple, qui pourrait apporter une main d'oeuvre partiellement payée par les assurances sociales et les subventions, alors que DeltaLink offre du travail sur un projet sans concurrence commerciale en Suisse.
  • Espoir en Afrique —et c'est la raison de ma présence à Lomé—, où nous tentons d'établir un point de vente au détail de notre matériel, dans le cadre d'un partenariat avec une entreprise locale, et en partageant le risque commercial avec elle (l'entreprise s'appelle Graphic Import, vend du matériel d'imprimerie, et son patron est mon ami Jean-Jacques A[...], résident au Togo depuis plus de 20 ans).

Depuis le mois de mai et mon retour d'une investigation à Lomé, la décision a été prise de préparer un container de matériel et de faire l'expérience en vraie grandeur. Il faut dire que nous avions bien assez d'écrans, mais qu'il nous manquait des unités centrales relativement récentes (Pentium II et surtout Pentium III). Des récoltes intermédiaires ont finalement comblé ce déficit et le conditionnement avançait à grand pas quand au début août la décision est venue de remplacer le container par un camion. Rassurez-vous, nous ne nous transformons pas en revendeur de véhicules, mais un ami de Jean-Jacques [profesionnel de la branche/ndlr] a racheté un camion frigorifique de la Coop, le met à notre disposition pour le chargement, le transporte à Lomé (par mer) en partageant le coût du transport, et le récupérera après déchargement pour le vendre sur place.
Nous avons ainsi rempli les 34 m3 disponibles, en perdant le minimum de place. Une petite partie du chargement est sous-louée à un membre de DeltaLink qui offre du matériel à une ville voisine de Lomé et à Graphic Import qui profite pour transférer une palette de consommables pour l'imprimerie.

  

Le chargement s'est terminé le 22 août. Le 1er septembre le camion quittait La Sarraz, le 9 septembre il roulait jusqu'à Sète, le 17 il embarquait sur un bateau direct pour Lomé. Le bateau est arrivé le 30 septembre, et depuis ce moment-là, "Monsieur Robert" le transitaire togolais, que Jean-Jacques connais depuis longtemps, s'occupe de son dédouanement...

Ce matin, 8 octobre 2004, nous avons pu —enfin— voir notre camion, dans un parc sous douane. Il s'agit d'un parc privé, géré par un libanais (bien sûr!), beaucoup plus sécurisé que le fameux TP3 dont j'avais parlé dans mes Notes d'avril dernier. Eh bien, le camion est intact, du moins vu de l'extérieur. Si c'est possible, nous n'ouvrirons pas le camion à la sortie de la douane, pour ne pas attirer les convoitises. Ce matin, on a passé 5 minutes autour du véhicule, à le regarder sous toutes ses coutures et déjà il y avait quelques curieux, malgré le caractère privé du parc. À une question sur le contenu, Jean-Jacques a parlé de friperie: c'est en effet plus prudent, vu que le camion ne sortira pas du parc avant lundi.

  

[Suite de la rédaction: samedi 9 octobre 2004:]

La caisse du camion est intacte (j'ai même jeté un coup d'oeil par dessus!), mais nous avons retrouvé dans la cabine le capot du petit système hydraulique commandant la plaque de chargement qui fait office de porte arrière. À mon avis, quelqu'un a fait sauter ce capot et tenté d'ouvrir la porte qui a résisté grâce à un système de verrouillage original, aussi simple qu'ingénieux, ajouté par le propriétaire du camion. Cette tentative aurait eu lieu sur le parc du port (ou même sur le bateau?) et le chauffeur qui a acheminé le camion jusqu'ici aurait ramassé l'objet (?). On en saura peut-être plus quand NOUS essayerons d'ouvrir la porte!

Vu le bon état du camion et que le contenu est vraisemblablement au complet, nous avons donné le feu vert au transitaire pour déposer sa déclaration... et bien sûr, Jean-Jacques lui a donné la somme nécessaire. Ici, tout se paye en liquide et quand il s'agit de plus de 4 millions de F CFA (env. 10'000.- CHF), il s'agit d'être discret. L'opération s'est donc passée dans un coin peu fréquenté, après une tentative infructueuse de rejoindre le bureau du transitaire, pourtant distant de quelques centaines de mètres seulement, pour cause d'embouteillage monstre (moins de 100 m parcourus en près d'une heure!). Sur la photo, M. Robert se marre parce que je viens de lui dire que cette photo c'est notre reçu pour le sac en plastique qu'il tient à la main.

Ici les embouteillages deviennent vite ingérables car tout les véhicules s'imbriquent les uns contre les autres, les deux-roues colmatant les rares interstices, jusqu'à former une sorte de bloc ou personne ne peut ni aller en avant ni en arrière (ce qui est d'ailleurs la même direction pour certains!). Si on n'avait pas réussi à faire un demi-tour un peu acrobatique, on y serait peut-être encore!

L'après-midi de vendredi, j'ai aidé un ami de Jean-Jacques à installer le premier présentoir d'ordinateurs de notre futur point de vente: une table fixée au mur, de 80 cm par 4 m, à un peu plus d'un mètre de haut pour forcer les clients à essayer les PC debout!
Pour le reste, un document publicitaire est en voie de réalisation... et le temps passe déjà très vite!

Bon week-end à tous,
avec mes amicales salutations,
Gilbert Cujean
... en voyage en Afrique
[TogoCel: +228/932 46 56]
 

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