N O T E S   D E   V O Y A G E S

Togo, avril et octobre 2004 — 9

... par
Gilbert Cujean

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Espoir à Lomé (Togo) (envoyé comme e-mail)

Lomé, Togo, jeudi 7 octobre 2004

Chers amis,
Chers membres ou supporters de DeltaLink,

Si vous recevez ce message, c'est que vous êtes liés de près ou de loin à ma personne ou à mes activités. Si vous ne désirez pas recevoir les messages suivants, répondez simplement à ce message par "Non merci"... et je ne vous en tiendrai pas rigueur!

D'abord quelques mots que les habitués de mes Notes de voyage peuvent ne pas relire... mais il y a chaque fois des nouveaux à qui je dois quelques explications:

J'ai fais connaissance avec l'Afrique en 1997 par le Burkina Faso. Le coup de foudre a été rapide, mais le choc a aussi été très fort sur les plans humain, culturel, social, technologique, etc. Comme je me suis presque toujours promené avec un ordinateur et que le Burkina Faso a été relié à Internet en 1997, précisément, j'ai naturellement confié mes émotions, mes découvertes et mes surprises à ma famille et à quelques amis par courrier électronique. Les séjours se succédant, le nombre de correspondants est joyeusement passé d'une vingtaine à plus de 150!
Le principe est toujours le même: les messages sont pondus au jour le jour, "bruts de décoffrage", avec peut-être quelques erreurs, des redites et certainement des fautes d'orthographe. Mais ces messages me servent de notes (vous savez, la mémoire, avec l'âge...) et surtout me permettent d'accepter plus facilement le choc dont je parlais plus haut en le partageant avec vous... avec une petite touche d'humour de temps en temps et si possible quelques photos.
Comme il s'agit un peu d'un feuilleton, il est possible que ceux qui ont raté certains épisodes précédents ne comprennent pas tout et je m'en excuse d'avance...
À ceux qui voudraient répondre ou me faire part de leurs commentaires, je demande de NE PAS recopier mon message dans la réponse. J'apprécie énormément ces retours, mais les connexions en Afrique ne sont pas rapides et il faut malheureusement que j'absorbe aussi les 1000 (mille!) messages indésirables qui plombent mes boîtes aux lettres chaque mois. :-(
Ce message porte le numéro 9, les numéros 1 à 8 ayant été envoyés lors de mon précédent séjour en Afrique, au printemps dernier. Pour ceux que ça intéresserai, je peux renvoyer ces messages en rafales, mais à mon retour en Suisse, une fois retrouvé une connexion rapide!

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Vous l'avez donc compris: me voilà à nouveau en route pour une nouvelle aventure.
Avant de commencer cette édition de mes notes, je tiens à adresser une pensée amicale à la mémoire de Frank Musy, animateur et producteur à la Radio Suisse Romande, qui nous a quitté si brusquement à fin juillet. Ce connaisseur de l'Afrique, rencontré à plusieurs reprises à Ouahigouya au Burkina Faso, était un humaniste et un homme à la sincérité exemplaire, maître dans l'art de faire se rencontrer les gens. Il ne répondra plus à mes messages, mais longtemps encore, j'aurai l'impression de les écrire un peu pour lui...

J'ai donc pris l'avion pour Lomé mardi dernier, 5 octobre. Première expérience pour moi avec la compagnie Afriqiyah Airlines. Libyenne (donc Khadafienne), cette société a la particularité d'offrir des vols sur l'Afrique à des tarifs nettement plus abordables qu'Air France, mais il y a quelques petits inconvénients! D'abord, les vols ne sont pas seulement non fumeurs, mais évidemment aussi non buveurs! Moi qui apprécie mon verre de rouge en mangeant et qui refuse le Coca tant par goût que par idéologie, j'ai dû me contenter d'eau minérale... Et puis, il y a l'escale obligatoire au "hub" de Tripoli.

Il ne s'agit pas seulement d'un arrêt pour faire descendre et monter quelques passagers, mais d'un changement de vol et d'avion. Donc, tout le monde descend et se retrouve dans une salle d'environ 500 m2 qu'il n'est plus possible de quitter... sauf par la voie des airs. Il y a là 1 ou 2 boutiques de souvenirs fermées, une boutique hors taxes, une buvette, des toilettes et des sièges métalliques sur lesquels patientent les voyageurs. Le local est heureusement climatisé, mais l'ambiance est plus fraîche encore. Quelle tristesse! Toutes les femmes arabes sont voilées, quelques unes très sévèrement (voir photo). Les hommes parlent entre eux, les femmes ne parlent pas plus que nécessaire. Le seul point d'ambiance est apporté par un groupe impromptu de voyageuses togolaises: mettez 3 Africaines de l'ouest ensemble, les éclats de rires fusent dans les 5 minutes à grand renfort de gestes expressifs, de tapes sur les mains, voire de contacts corporels. Sur les bancs arabes, des visages fermés, durs (quand on les voit!), et quasi aucun sourire.

Il n'est bien entendu pas question de sortir un appareil de photo à l'aéroport de Tripoli, mais un téléphone portable, pourquoi pas? En tenant mon cellulaire en main, sur mes genoux, j'ai pu prendre cette image avant de planquer mon appareil [En 2004, un téléphone mobile avec appareil de photo était encore rare dans les pays du Sud, les sbires de la Sécurité ne se sont donc pas méfiés/ndlr]. Si la situation de ces femmes n'était pas si tragique, je dirais que celle de gauche est la plus dévergondée, avec son regard langoureux et offrant ses mains nues aux voyeurs lubriques, alors que l'autre, plus sérieuse a fermé le diaphragme et porte des gants noirs! Toute plaisanterie mise à part, il doit se poser un réel problème d'établissement de l'identité: on imagine la gueule de la photo passeport! À quand les plaques d'immatriculation sur les burkas pour que les maris ne se trompent pas de femmes dans la rue?

Après 2 heures de ce joyeux divertissement, c'est le départ pour Cotonou (Bénin), puis Lomé (Togo).

Je ne vous ai rien dit de mes bagages, qui sont bien entendu lourds et plein de trucs bizarres: 2 ordinateurs portables avec accessoires (dont le mien avec son imprimante!), 1 machine à relier, 2 graveurs de CD, 1 ampli pour mettre 4 moniteurs sur une même sortie vidéo, 1 disque dur, du matériel de connexion, 1 mini-hub et des câbles réseau, 2 webcams, des CD à graver, quelques habits et effets personnels, des médicaments, et... un salami et un vacherin Mont-d'Or! Ceux qui sont déjà allé en Afrique comprendront. Autrement dit: une valise de 26 kg et un sac de 9 kg dans la soute (après un coup de fil au chef, acceptés à l'enregistrement pour un billet avec 30 kg!), et en cabine une mallette de 13 kg (!) et un sac à dos de 5 kg.

Le passage délicat est toujours la douane d'arrivée. Après ouverture de la valise et découverte d'un des portables, il a fallut voir un chef... qui n'en avait vraiment rien à cirer (il était presque minuit et il avait certainement envie de rentrer chez lui). Renvoyé au fonctionnaire de base pour "négocier entre vous" (sic), le manque total de discrétion de l'endroit va me sauver: nous sommes au beau milieu de l'activité, avec douaniers, militaires et voyageurs. Impossible même de glisser au malheureux un billet "pour la bière", sans éveiller la curiosité ou les soupçons... Je suis donc finalement sorti de l'aéroport sans avoir rien payé... sauf le porteur, bien sûr.

Mon ami Jean-Jacques A[...] m'attendait... et je vous raconterai la suite la prochaine fois, il est déjà passé minuit.
Bien cordialement,
Gilbert Cujean
... en voyage en Afrique
[TogoCel: +228/932 46 56]

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