N O T E S   D E   V O Y A G E S

Bénin, Mali, Burkina, juin 2001 — 6 à 10

... par
Gilbert Cujean

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Date : 8 juin 2001 01:14:10 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 06 - Juin 2001 - DCAM etc.
À : info@deltalink.org

*** Cotonou, jeudi 7 juin 2001

Bonjour à tous,

La journée d'hier, dernière complète à Cotonou, aura été très intéressante et porteuse d'espoir pour l'avenir.

À 10 heures tapant le chauffeur de DCAM venait me prendre à l'hôtel. "Développement Communautaire et Assainissement du Milieu" est une ONG béninoise dont le nom explique bien les buts. Avec une quarantaine de permanents, cette association gère plusieurs projets sur mandat, financement ou supervision d'organisations d'aide au développement en provenanve d'Europe ou directement du gouvernement. Le Service Chrétien d'Animation Rurale (SCAR) à Bussigny, animé par Olivier M[...], est en contact avec DCAM et avait parlé de DeltaLink. Le directeur de DCAM, Raphaël Edoun, me reçoit et m'explique leur mission et leur origine: l'hôpital de la fondation Bethesda (médecine curative) a engendré DCAM dans un but de médecine préventive, donc d'assainissement et d'hygiène. Les tâches se sont ensuite élargies à des activités connexes. Ils ont ainsi soumissionné et décroché la direction du Projet de Gestion Urbaine Décentralisée (PGUD), action pilote de la ville de Cotonou dans le domaine de la prise en charge des tâches communautaires dans les quartiers, par les habitants. Ils ont besoin de matériel informatique pour compléter leur parc et fournir certains collaborateurs. Marc Nounagnon (qui était dans le comité d'accueil vendredi dernier à l'aéroport) me fait ensuite faire le tour de quelques lieux.

Le siège de l'ONG où nous nous trouvons regroupe l'administration. Le matériel informatique actuel, tous sites réunis, est de 13 PC. Il s'agit de bon matériel, assez moderne (Pentium 233), mais il n'y a pas de réseau.
On fait un crochet par la "banque", petite structure d'épargne et de crédit pour clients modestes (de 20'000 à 5 millions de F CFA = 45.- à 12'000.- francs suisses).

DCAM, Cotonou, Bénin, 2001  DCAM, Cotonou, Bénin, 2001

Nous arrivons ensuite à AGRIPLAS, Centre de Récupération et de Recyclage des déchets Plastiques. Sur une surface d'environ 3 à 400 m2 en partie couverte, et dans un vacarme assourdissant, trois ouvriers travaillent sous la direction d'une gérante de projet. Petite note: une dizaine de femmes travaillent pour DCAM (sur les 40 permanents), mais toutes sont des cadres!
DCAM, Cotonou, Bénin, 2001Elle nous présente son activité: Dans le contexte général de DCAM et du PGUD, les ordures ménagères sont collectées 2 fois par semaine (coût pour le ménage: 1000 F CFA/mois). Ce matériel est entassé dans une grande décharge (que je n'ai pas vue, malheureusement) et trié par une centaine de travailleurs occasionnels. Ces derniers séparent les différents produits en vue de compostage et de recyclage, entre autre les plastiques qui aboutissent à AGRIPLAS. Ici on sépare encore les plastiques injectés durs des autres, genre sacs ou flacons "mous", puis par couleurs. La matière dure est ensuite broyée dans une machine dont le bruit est vraiment infernal. Les ouvrier se protègent les oreilles par un peu de coton, autant dire rien!

DCAM, Cotonou, Bénin, 2001[Je pense qu'on pourrait bien mettre 3 ou 4 paires de protections auriculaires (genre tankiste) dans notre palette d'informatique!]

Les granulés obtenus sont vendus (à perte!) au Nigeria voisin qui recycle ça dans la fabrication de gaines pour câbles et autres contrefaçons dont ils sont les spécialistes absolus. Le plastique mou est traité un peu de la même manière, sauf qu'il est lavé puis fondu pour former des granulés. Quantité totale traitée, tous types confondus: près de 4 tonnes par mois.

Dans la cour de l'entreprise, on procède à des essais de recyclage de cartons et papiers: détrempage, mélange à de la sciure ou du charbon de bois et pressage en bûchettes cylindriques. On espère convaincre des utilisateurs de consommer ce combustible plutôt que des arbres... au prix de quelle pollution? Mais tous les problèmes ne peuvent pas être résolus d'un coup!

DCAM, Cotonou, Bénin, 2001 DCAM, Cotonou, Bénin, 2001

On termine la tournée dans le bureau de Marc où nous spécifions la dizaine de machine que DCAM veut nous commander. Reste à faire l'offre définitive en fonction de notre stock (dès mon retour). Ils n'ont pas de problèmes de liquidités pour cet achat, c'est déjà une chose!

En début d'après-midi, Léonce tenait à me présenter son grand frère qui travaille au Ministère des Finances. Ils m'ont attendu 2 heures, on a "échangé" durant 20 minutes... et tout le monde était content!
On a reparlé et précisé les conditions de collaboration entre DeltaLink d'une part et David et Léonce de l'autre (Ets Centrale Plus). Il ne leur manque que le financement initial, mais ça c'est leur problème. Pour notre part, le geste est fait: un crédit sur 50% du matériel, l'autre moitié et le transport demeurant payés d'avance. Une commission est prévue pour la prospection et/ou le regroupage de petites commandes sous leur responsabilité. Première affaire concrète et "cash": je leur vends 8 des 12 barrettes de mémoire (32 MB EDO) que j'ai prises avec moi. Ça couvre presque le billet d'avion pour Bamako!

Avis au futurs visiteurs de Cotonou: La dorade façon pêcheur de chez "Maman Bénin" est plus qu'acceptable!
J'ai commencé à refaire mes valises, en attendant 23h30 et mon rendez-vous avec Internet. Il n'a pourtant pas beaucoup plu, mais les bagages rétrécissent quand même!

À l'épicerie-téléphone, après 40 minutes de connexion, j'avais reçu quelques messages et envoyés les miens. Le message 05 que vous avez reçu par ce transfert à échoué 2 fois avant de passer au troisième essai: chaque fois plus de 10 minutes! Bon, vous êtes 65 à recevoir mes élucubrations, mais tout de même, c'est lent!

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À demain j'espère, pour la suite du programme!
Je pense que ce message partira de Bamako jeudi soir ou vendredi matin.
Bien amicalement à tous,
Gilbert Cujean
--
... en voyage en Afrique [:-3)=


Date : 8 juin 2001 21:20:14 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 07 - Juin 2001 - Au revoir Cotonou!
À : info@deltalink.org

*** Bamako, vendredi 8 juin 2001

Chers amis,

Hier, jeudi, dernier jour à Cotonou et la pluie pour me dire au revoir!
En effet, alors qu'à 10 heures, je devais me rendre à l'ONG qui m'avait "prêté" ses codes d'accès à Internet, une pluie assez forte s'est mise à tomber, transformant rapidement les "vons" en ce qu'on appellerait volontiers chez nous des "zones humides": successions d'immenses flaques marécageuses entrecoupées de bancs de sables. Le problème est que la faune indigène est mal adaptée à cette situation: animaux, humains et véhicules n'ont pas de protections naturelles imperméables, comme souvent en Europe... et ici c'est les arbres qui sont pourvus de palmes (... et encore au mauvais endroit!). Au secours, Darwin, ta théorie fout le camp!

Trêve de plaisanterie, si je ne peux pas aller aux autres, les autres viennent à moi! Et à peine la pluie ralentissait que Béthel, l'ingénieur "système" qui travaille pour cette ONG me rejoignait. Il est en passe de quitter son job actuel pour se mettre à son compte et est fortement intéressé par notre matériel. Intéressant échange d'informations qui pourrait bien donner des résultats à la fin de l'été.

Derniers préparatifs de bagages et il est déjà 13 heures. David est précis au rendez-vous. On part en mobylette dans les fameuses zones humides, à la recherche d'un taxi. Pas facile, les seuls où il y a moins de 6 personnes sont chargés, coffre et siège arrière, par une tonne de ferraille, des plaques d'Eternit, des balles de foin ou des sacs de céréales. On trouve enfin la rareté qui va déposer les clients actuels et revient "dans 10 minutes à l'hôtel Calos"... et qui tient promesse!
Il était impératif, selon Trans Air Bénin, d'enregistrer les bagages à 14 heures, et il est bien 14h30 quand s'ouvrent les guichets. 34 kg, pas de contrôle de sécurité, pas de problème. J'ai dit au revoir à mes amis David et Léonce, il ne reste plus qu'à attendre. Je brûle mes derniers crédits de téléphone mobile en appelant ma mère. Chouette de s'entendre comme à 20 km, même si c'est que 2 minutes...

Cotonou, Bénin, 2001

Trans AIr Bénin, c'est des avions de taille moyenne (Boeing 727, 120 places), et c'est au moins aussi bien que Swissair entre Bruxelles et Genève avec la différence qu'en Afrique l'horaire est respecté. À l'escale d'Abidjan, je sors sur la passerelle, exercer mon anglais avec la capitaine.
Il est Nigérian (du Nigeria, alors que les Nigériens sont du Niger!). Il m'apprend que Trans Air Bénin et Trans Air Congo sont en fait une seule et même compagnie, c'est pour ça que les avions ne portent pas de marques distinctives particulières. On croise le gros Airbus de Sabena qui va à Cotonou et qui décolle à 200 m de nous: vraiment impressionnant à voir de si près! Quelques passager montent et une heure et demie plus tard on se pose à Bamako.

On sent tout de suite le Sahel: +6°C... qu'il faut ajouter au 28 de Cotonou ou d'Abidjan, bien sûr, qu'est-ce que vous croyiez! On est donc à 34° à 18h30 (GMT+0, donc 2 heures de moins qu'en Suisse, une de moins qu'à Cotonou). Il y a une chose que je n'ai toujours pas compris: après récupération des bagages, on les passe dans un tunnel à rayons X, pour le contrôle de sécurité, comme dans la plupart des aéroports. Mais ensuite on ne monte pas dans l'avion, on sort vers Bamako, vers les amis qui attendent.
À quoi sert donc ce contrôle? Mystère.

Dominique Guindo est venu m'attendre avec un véhicule et me logera chez lui.
Quel plaisir de retrouver ce malien, fils d'ambassadeur, donc élevé entre Washington, Moscou et Sydney et qui a fait ses études à Fribourg. Il essaye (en partie vainement!) de s'habituer à son pays, depuis quelques mois... et va certainement revenir s'établir à Genève dans quelques temps.
Dure l'Afrique!

On va manger dans une gargote près de chez lui, on discute beaucoup et plus tard on tente une connexion à Internet depuis son domicile: au moins 10 fois plus rapide qu'au Bénin! Vous avez donc reçu le message d'hier sans problème.

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Une nouvelle tranche commence: bonjour Bamako!
... et à la prochaine, avec mes amitiés,
Gilbert Cujean
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... en voyage en Afrique [:-3)=


Date : 9 juin 2001 16:17:04 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 08 - Juin 2001 - Bonjour Bamako!
À : info@deltalink.org

*** Bamako, samedi 9 juin 2001

Bonjour tout le monde,

Hier, vendredi, j'ai fait connaissance avec Bamako. Avec Dominique, on a fait une série de courses en ville, dont 2 ou 3 visites prospectives pour DeltaLink et une reconnaissance chez le transitaire qui recevra (le 14?) la palette de matériel que nous avons envoyée à mi mai. On a aussi fait le change de FF 1'000.-, à la sauvette, en pleine rue, sans discrétion particulière... mais sans aucun problème non plus!

Pour prévenir la réédition du coup du vol inexistant et non réservé pour ma prochaine étape de Ouagadougou, nous nous sommes rendu à l'agence d'Air Burkina. Effectivement, aucune réservation à mon nom ne figurait sur le vol de samedi 16 juin! Qu'à cela ne tienne, comme il y avait encore de la place, j'ai directement pris le billet. Tout est donc OK. Anecdote supplémentaire sur le thème du sens du marketing de certains Africains: Avisant une page A4 scotchée au mur, à côté du type qui vient d'émettre mon billet, je lui demande une liste des vols par destinations, ça pourrait m'être utile à une autre occasion. "—Il n'y en a plus, on a tout distribué, il ne reste que celui-là", répond notre vendeur. "—Pouvez-vous nous faire une photocopie?", suggère Dominique. "—Non,... j'ai annoté cette feuille", ajoute-t-il en nous montrant un vague gribouillage dans la marge du document. Point final. On n'insiste pas, sans autre commentaire.

Bamako est la troisième grande ville d'Afrique de l'ouest que j'apprend à connaître et je découvre encore un autre système de transport populaire! À Ouagadougou, c'est les taxi verts à 250 F CFA par personne; à Cotonou les "zems", ces taxis-motos dont les pilotes aux survêtements jaunes vous emmènent presque n'importe où pour 200 F CFA; à Bamako, c'est les "Sotrama" à 125 F CFA par personne (Rappel: 100 F CFA = 1 FF [= env. CHF –.25]).
Ce sont des petits minibus du type Toyota Hiace ou équivalent. La partie publique du véhicule, séparée de la banquette avant par une feuille de contreplaqué, est équipée d'un banc rudimentaire sur les 4 côtés. Une portière coulissante (quand il y a une portière) s'ouvre à l'avant droite tandis que des ouvertures rondes, carrées ou en forme de coeur (!) ont été percées dans le haut des tôles latérales de la carrosserie, une plus grande dans la portière. En plus du chauffeur, il y a une sorte de "chef de course", en principe un jeune gars, dont la tâche est multiple: Tantôt, assis à la portière, la tête voire le torse penché à l'extérieur du véhicule en mouvement, il repère les clients qui font signe n'importe où, leur crie la destination, et s'il décide de s'arrêter pour les prendre, file un bon coup du poing fermé sur le linteau de la portière. Même signal si un voyageur veut descendre. Une fois les passagers chargés ou déposés, un nouveau coup de poing fait repartir le véhicule. Tantôt, il prélève leur dû à tous les passagers (on peu "facilement" être 15 plus quelques bagages en plus de lui et du chauffeur, dans la boîte à sardines!). Il pratique un peu à la manière des croupiers de casino: dans un premier tour il prend la somme donnée par chacun, puis il rend la monnaie à ceux qui ont trop donné, souvent en deux temps, d'abord à ceux qu'il peut satisfaire avec les pièces des autres, ensuite le reste, après avoir fouillé dans ses poches,. Et il ne semble pas y avoir d'erreur. Si le croupier fait plus d'un mètre cinquante, il devra attendre le prochain arrêt pour se déplier à l'extérieur du véhicule et atteindre le fond de ses poches!

Maintenant, je vous dis pas la vitesse, les accélérations et les coup de freins, mais le transport n'est pas cher et ça roule... sauf justement vendredi après-midi, où il y avait grève pour protester contre la mort d'un chauffeur qui, poursuivi par la police et vraisemblablement effrayé par des coups de sommation tirés en l'air (!), a quitté son véhicule et sauté du pont sur le Niger dans lequel il s'est noyé --ça ne s'invente pas!

En soirée, on s'est pointé au Centre culturel français où il devait y avoir un spectacle-concert. Je dis bien "devait" car une fois sur place on nous a dit qu'un artiste étant absent, le spectacle n'avait pas lieu.

Au retour, arrêt dans la rue, pour un petit casse-croûte entièrement fait "à la main". Ambiance.
On prend place sur un banc, face à une table pleine d'objets divers: une grande cuvette métallique avec de petites bouteilles en plastique, contenant une boisson locale indéterminée; une autre cuvette, plus large encore, avec des frites déjà prêtes; divers ustensiles de cuisines, quelques assiettes et des fourchettes; un fagot de brochettes en bois; un sceau thermos avec de la glace; quelques baguettes de pain; un pot de mayonnaise, etc.
De l'autre côté de la table, une femme est assise sur une chaise. Elle est grande et assez belle, 35 ans peut-être, et est entourée d'une autre série d'objets: un sceau d'eau; un gril fumant; une série de brochettes de viande prêtes à griller; un stock de papiers gras et de sacs en plastique; une cuvette avec des oignons, des pommes de terre et des concombres... et j'en oublie certainement.

Action. Avec une dextérité et une précision de mouvement impressionnante, et toujours à main nue, cette femme prend quelques brochettes, les place sur le gril, saisit un oignon, le trempe dans l'eau puis le coupe en tranches dans sa main, rince une assiette, dans la même eau d'ailleurs, pèle un concombre et le coupe en rondelles, dispose le tout dans l'assiette, ajoute une poignée de frites, tourne les brochettes sur le gril, se rince les mains, toujours dans le même sceau... Finalement, elle attrape les brochettes à pleine main, une à une, pour retirer le bâton et déposer les morceaux de viande dans l'assiette. Une pincée de sel pour couronner le tout. Elle ramasse une fourchette laissée sur la table par un client précédent: une trempette dans le sceau et la voilà plantée dans votre assiette! Il ne reste qu'à manger... et c'est parfaitement bon, même si la viande est un peu dure!

Entre-temps, la femme-orchestre a déjà servi un autre client, encaissé et rendu la monnaie à un troisième en planquant les billets sous la cuvette à frites, servi à boire à un gamin contre une piècette de monnaie, ranimé les braises du gril, ajouté de la glace à la cuvette des boissons, emballé quelques brochettes à emporter dans un papier gras puis un plastique, donné des ordres de réapprovisionnement en pain à un jeune assistant, coupé et mis à frire de nouvelles patates... quelle activité! Tout ceci sans précipitation, mais à un rythme incroyable et avec des gestes précis et des techniques éprouvées. Un exemple: pour remettre du charbon de bois sur le gril, elle a des sortes de "portions" de charbon de bois déjà préparées dans des sacs en plastique noués. Après retrait de la grille, il suffit de saisir le sac par le noeud, de le déposer une seconde sur les braises, puis de jeter le sac qui a cédé sous la chaleur et libéré son contenu! Bon il n'y a pas de contrôle anti-pollution, mais même chez nous, il paraît que les grillades sont cancérigènes, alors?

Anecdote: Interpellé gentiment par un agent de police qui mange avec son collègue non loin de nous sur un autre banc et qui me demande "—Français? Allemand?", je répond "—Non, Suisse!".
— Ah, vous parlez français en Suisse?
— En partie, mais il y a aussi l'allemand et l'italien [Je complique pas trop!].
— Alors vous avez trois ethnies?
— Si on veut!
— La Suisse, c'est le pays de la paix.
Puis, regardant son collègue: "— Tu sais, en Suisse, il n'y a que la police, il n'y a pas d'armée, c'est la paix."
— Non, il y a une armée, mais nous sommes un pays neutre...
— Ouais... Alors c'est pas si bien... Si on a une armée, même pour se défendre, c'est qu'on pense à la guerre... J'avais cru que la Suisse n'avait pas d'armée...

Bamako, Mali, 2001Je l'abandonne à sa déception et souhaite à mes compatriotes bonne réflexion en ce week-end de "votation" sur l'armée. [Pour ma part, j'ai voté par anticipation avant de partir!]

Encore une information qui fait plaisir: vendredi matin avant l'aube, il a fait un orage avec une grosse pluie (19 mm d'après de bonnes sources). Pourvu que ça dure!

La photo du jour:

Dans un immeuble genre galerie commerciale avec cour intérieure, l'alimentation électrique est, semble-t-il, entièrement issue d'un seul compteur, suite à Dieu sait quelle magouille. Il s'agit donc bel et bien de câbles transportant du 220 V, pour ceux qui ne l'aurait pas compris!

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Bon week-end à tous,
avec mes amitiés,
Gilbert Cujean
--
... en voyage en Afrique [:-3)=


Date : 10 juin 2001 12:01:53 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 09 - Juin 2001 - Tranquille
À : info@deltalink.org

*** Bamako, dimanche 10 juin 2001

Hello,

Tranquille est vraiment le mot qui pourrait caractériser la journée d'hier.
J'habite chez mon ami Dominique Guindo, dans une très jolie villa neuve d'une nouvelle zone résidentielle dite des "200 logements" ou "Mali Univers", dans la banlieue sud-est de Bamako. Le quartier s'appelle Faladié, pour ceux qui connaîtraient.
Le quartier est aisé et nombre de grosses villas sont encore en construction. Autour, c'est des terrains vagues, bien entendu jonchés d'ordures diverses et de sachets en plastique.

Bamako, Mali, 2001

Alentour...
 

Dedans...Bamako, Mali, 2001

Bamako, Mali, 2001

Devant...
 

Bamako, Mali, 2001

Derrière...
 

Le centre ville de Bamako est à près de 10 km, de l'autre côté du fleuve Niger qui fait près d'un kilomètre de large à cet endroit. Pour aller en ville, on marche environ 800 m jusqu'au carrefour de la Tour de l'Afrique où on trouve les fameux minibus Sotrama, à un quart d'heure de route du centre.
On ne va donc pas en ville pour rien...

Hier samedi, nous sommes restés à "Mali Univers", Dominique avait du travail et j'ai apprécié d'avoir un jour pénard pour rattraper le courrier en souffrance... et relancer les deux partenaires (à Ouagadougou et Abidjan) dont on attend le payement pour expédier la marchandise. Or DeltaLink sera fermé du 15 juin à mon retour le 2 juillet, pour cause de vacances bien méritées de M. B[...], il faut donc faire avancer le "schmilblik".

Rien à signaler, donc, si ce n'est l'installation par un concessionnaire d'une seconde ligne de téléphone et le repas du soir chez un ami de Dominique, Boureima Tereta, qui est prof de sociologie à l'université (il a étudié à Moscou, à la "grande époque" de l'aide soviétique au tiers-monde).
Il avait un vieux Mac LC à diagnostiquer (écran nase), mais la pintade était excellente! Le plus intéressant, peut-être, c'est qu'il est marié, avec un seul enfant (4 ans?), et qu'ils habitent un lotissement pilote de 10 bâtiments avec chacun 8 appartements sur 4 étages. L'apprentissage de l'entassement est semble-t-il pas sans problèmes, même (ou surtout?) si le niveau de vie est relativement élevé: les mèches de cheveux, les langes et autres tampons hygiéniques bouchent les canalisations; les moutons dérangent, surtout dans les étages; les discussions de copropriétaires sont interminables, etc.

À propos de téléphone, ici, c'est la catastrophe totale. Alors que la demande est très importante et qu'il y aurait donc un marché certainement rentable, on peut attendre des années avant d'être connecté. À moins que...
Dominique et sa maison neuve en savent quelque chose: comme par hasard, alors même que la direction des télécoms disait le quartier "saturé", il a découvert quelqu'un qui "possédait" 14 lignes et qui voulait bien lui en céder 2 pour 1'200'000 F CFA! La transaction s'est finalement passée à 900'000 F C FA (plus de 2'000 francs suisses!), sans compter les frais d'installation. Vu la pénurie de câbles chez les télécoms (!?!), il a même dû acheter pour 83'000 F CFA ceux qui ont été tirés depuis le coffret du quartier. Et chez qui achète-t-on ces câbles? Mais chez les monteurs des télécoms, bien sûr!

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J'attends avec impatience, mais sans illusions les résultats de la votation de ce week-end en Suisse [Modification de la loi sur l'armée, etc.].
Bon dimanche à tous... et bonne semaine à ceux qui me liront lundi seulement au boulot.
Avec mes amitiés, sous le soleil du Mali,
Gilbert Cujean
--
... en voyage en Afrique [:-3)=


Date : 10 juin 2001 19:25:33 GMT+02:00
De : gc@deltalink.org
Objet : Notes de voyage 10 - Juin 2001 - Photos
À : info@deltalink.org

*** Bamako, dimanche 10 juin 2001

Bonjour,

Une fois n'est pas coutume, voici des photos pour rattraper les lacunes précédentes:

Sotrama, Bamako, Mali, 2001 Sotrama, Bamako, Mali, 2001
Sotrama, Bamako, Mali, 2001 Sotrama, Bamako, Mali, 2001
Sotrama, Bamako, Mali, 2001

Six images des minibus Sotrama,
dont j'ai parlé dans le message 8, ci-dessus.

Sotrama, Bamako, Mali, 2001

 

Deux portraits et...

Guinness, Bamako, Mali, 2001

... une affiche "Guinness is good for yuo"
(Record de la coquille?)

... au "Mess des officiers"
(il doit faire 38°C)

 

Une devanture de vitrier-encadreur.

[RETROVISER et PHOTOANCADRE]

Tour Afrique, Bamako, Mali, 2001 La Tour de l'Afrique [à Bamako],
belle réussite dans le style kitch africain!

Amitiés en clin d'oeil,
Gilbert Cujean
--
... en voyage en Afrique [:-3)=

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